LES CAISSES MALADIES EN SUISSE
Par Richard Natter
30/10/1999
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Dans mon Dossier Brûlant consacré à La Santé Coûte Cher, je fais référence aux abus de certains privilèges. Je persiste et signe en affirmant que ce n'est pas la santé qui coûte cher, mais bien davantage les arcanes nébuleuses qui la rendent hors de prix. Des comptes falsifiés, tronqués, qui plongent les assurés dans un néant total. Des lois complices qui, en fermant les yeux, cautionnent ces aberrations. Sans plus tarder, voici ce que nous devrons payer dès le mois de Janvier prochain à notre caisse maladie, pour le couple bien entendu : 703,50 francs (Suisses) par mois ! Jusqu'en Décembre, nous ne payerons "que" 585,80 francs, toujours par mois ! Soit en gros, une augmentation voisine de 12% !!! Je parle du canton de Genève exclusivement. Puisque hélas, c'est le canton réputé le plus cher de Suisse.
Cette prime, nous donne quand même l'accès en chambre commune à l'hôpital ; c'est à dire huit lits en moyenne ! Si l'on désire être admis en chambre double, c'est à dire en semi-privé, il faut compter une "légère" augmentation d'au-moins 30% de notre prime. Et si par hasard, nous voulions accéder aux soins privés, la prime serait au minimum multipliée par deux. Les soins dentaires, toutes caisses confondues, étant totalement exclus des prestations ; sauf accident ou maladie grave ! Autrement dit, en gardant le schéma dressé dans mon dossier sur la Santé, tous les mois, ce sont des millions de francs Suisses qui remplissent les Caisses maladies, tandis que les centres médicaux, la recherche médicale et les hôpitaux sont à l'agonie faute de moyens financiers.
Une récente enquête effectuée par les pharmaciens Suisses, tend à prouver que les frais réels engrangés par les Caisses, avoisinent les 4 à 5%. Pourquoi dans ce cas, certaines d'entres elles flirtent avec des taux supérieurs à 10% d'augmentation ? La question reste posée et je doute fort que jamais, nous ne soyons en mesure d'avoir le moindre éclaircissement ! Les chiffres parlent d'eux-mêmes et laissent pantois les plus sceptiques ! Prenons notre exemple, soit 700 francs par mois ; qui correspond, est-il besoin de le préciser, à l'assurance de base OBLIGATOIRE !!! Majorée pour ce qui nous concerne, d'une somme d'environ 50 francs pour des prestations complémentaires. Ce qui laisse tout de même, une base de 650 francs pour notre couple.
Prenons un nombre moyen de 2000 couples assurés ; dans le cas de notre caisse, c'est presque par dix qu'il faut multiplier ! Ce qui représente mensuellement, une somme de 1'300'000 ( Un million trois cents mille ) francs, Suisses naturellement ! L'année dernière, j'ai été hospitalisé une semaine : coût total 10'500 francs... dont 10% à notre charge ; la caisse a donc payé 9450 francs. Si je garde les chiffres statistiques, selon lesquels seulement 2% de la population est amenée à "fréquenter" l'hôpital, cela fait 80 malades sur les 2000 couples de référence. Pour simplifier les calculs, je vais arrondir à 100 le nombre de malades. Dans une année, la caisse va donc débourser 945'000 francs pour ses 100 assurés hospitalisés. En revanche, elle aura encaissé la bagatelle de 15'600'000 francs... Oui, vous avez bien lu 15 millions 600 mille francs de cotisations ( 650 francs X 2000 couples) !!!
Enlevons les frais occasionnés par les 100 personnes hospitalisées, il reste 14'655'000 francs. Ne perdons pas de vue non plus, que chaque année, une FRANCHISE OBLIGATOIRE est imposée. Nous avons choisi la plus petite, soit 400 francs, qui sont entièrement à notre charge. Remarquez, heureusement que les prix flambent à Genève, ce qui fait que la franchise est très vite absorbée... Comme je le précise plus haut, l'année dernière j'ai du être hospitalisé en urgence. L'ambulance est arrivée ; j'y ai été accueilli assis, sans le moindre soin, et en prime, j'ai eu droit à tous les feux rouges puisque le chauffeur n'avait actionné ni son klaxon ni le gyrophare. Arrêt pipi donc, à tous les feux ! De notre domicile à l'hôpital il y a environ trois kilomètres... Nous avons payé la modique somme de 600 francs !!! En taxi, cela m'aurait coûté 20 francs...
Revenons à nos moutons... Plus exactement à nos caisses maladies adorées ! Sur les 14 millions restant à la caisse, après paiement des frais d'hôpital, j'enlève les 5% de frais réels soit 732'750 francs ; ce qui laisse quand même 13'922'250 francs à la caisse. Si demain l'on me dit, preuves à l'appui, que cet argent sert à payer le personnel, j'irai à genoux jusqu'à Berne pour demander pardon !! Hélas, je connais plusieurs personnes qui sont employées à différentes caisses maladies et leurs salaires sont loin d'être mirobolants. Ce qui revient à dire que sur les 13'922'250, tous frais de gestion déduits, je veux bien enlever quand même encore 30% pour les salaires, soit 4'176'675. C'est vrai, je compatis, il ne reste plus désormais "QUE" 9'745'575 à la caisse !!! Arrondissons à 10 millions ;-))
Récapitulons. Pour une base délibérément fausse de 2000 couples assurés, cette caisse maladie empoche 10 millions de bénéfices chaque année ! Admettons que je me sois trompé sur les charges globales, qui sont estimées présentement à 35 %. Alors je rétorque séant, n'oubliez pas d'ajouter les intérêts des sommes qui sont astucieusement placées !!! En Suisse, la population est d'environ 7 millions d'âmes. Mes calculs ne portent que sur 4000 personnes ; ce qui veut dire qu'il reste encore plus de 6 millions et demi d'individus, qui, enfants compris, viennent multiplier par X fois, les chiffres qui sont mentionnés. Et il ne faut pas perdre un instant de l'esprit, que ces assurances maladies sont OBLIGATOIRES !!! En cas de non paiement, c'est la justice qui intervient !!!
Je m'insurge avec d'autant plus de véhémence contre cette escroquerie notoire, qu'en début d'année dernière, donc en Janvier 1998, voici ce que nous pouvions lire sur le dépliant qui nous était envoyé par notre caisse, je cite : " En tant que sociétaire de........, vous profitez de la bonne santé financière de......... Nous consacrerons, l'année prochaine, (donc en 99) plus de 70 millions de francs de réserves à la réduction des primes. Les cotisations de l'assurance obligatoire des soins peuvent ainsi, au total, être fixées à un niveau inférieur de 4,1% au montant nécessaire au vu de l'évolution des coûts "... En guise de réduction, c'est une augmentation moyenne de 14% que cette caisse inflige à ses assurés pour l'an 2000 ! Certes, en 1999 nous n'avons pas été augmentés ; mais les primes n'ont pas baissé non plus ! 2 fois 4,1%, ça n'a jamais fait 14,7%... ? Ce qui signifierait, dans la logique des calculs, que cette augmentation excessive, est sans doute appliquée pour renflouer les réserves ?
Certaines caisses maladies vont même bien plus loin dans le mépris des assurés. L'une d'entres elles n'a-t-elle pas dernièrement purement et simplement "viré" ses assurés ? Comme aurait dit Coluche : " Circulez... y'a rien à voir " !... Du jour au lendemain, des milliers de personnes se sont retrouvées sans garantie ni contrat ! Sous des prétextes aussi futiles qu'odieusement mercantiles, cette compagnie à décrété unilatéralement que le portefeuille maladie devenait une tare ! En dépit du tollé général, des protestations des citoyens, des reportages et des articles cinglants, rien n'a été entrepris pour interdire une pratique aussi scandaleuse qu'abjecte. C'est à se poser des questions, quant à savoir jusqu'où ces requins peuvent aller ! Malgré l'amende salée qui lui a été infligée, cette compagnie sans foi ni loi peut, en plus du bras d'honneur aux assurés, se targuer d'avoir licencié pas mal d'employés !
Alors, puisque cette caisse peut se passer d'un portefeuille comme celui de l'assurance obligatoire, pourquoi ne pas mettre en pratique les idées que je préconise dans mon dossier sur la Santé ? Résumons l'essentiel du dossier : en lieu et place de cette assurance de base obligatoire, qui ne sert à priori qu'à enrichir davantage une poignée de spéculateurs, est-ce qu'il ne serait pas souhaitable d'en arriver au paiement direct à tous les établissements médicaux ? Je m'explique : nous habitons Genève ; donc, en priorité, en cas d'urgence, nous serons admis au centre hospitalier de la ville ; comme les cinq-cents mille autres habitants du Canton. L'hôpital cantonal, les cliniques et tous les centres paramédicaux, souffrent d'un manque d'argent chronique.
Actuellement, il y a près d'un ménage sur quatre, qui ne peut plus faire face aux échéances mensuelles des assurances maladies ; ou tout du moins avec de grosses difficultés. Vous savez ce que nous payons avec mon épouse ? Imaginez ce que doit payer une famille avec seulement deux ou trois enfants, pour comprendre qu'à l'impossible nul n'est tenu. Alors, et c'est l'objet de ma proposition, en envisageant l'hypothèse de financement que je préconise, TOUS les problèmes seraient résolus. Puisque une caisse a pu se libérer de ce portefeuille, les autres peuvent en être délestées sans dommage. Reprenons l'exemple que je suggère dans le dossier Santé ; en lieu et place d'une mensualité démentielle obligatoire, prenons une base de 100 francs par personne ; soit 200 francs pour notre couple (au lieu des 700 actuels)...
Sur le Canton de Genève estimons à 500'000 le nombre d'habitants, donc d'assurés. Ce qui, à cent balles par tête, représente quand même 50 millions par mois ! Au passage, pour une famille avec deux enfants, le montant mensuel des primes ne serait plus que de 500 francs, au lieu des quelques 1'500 ~ actuels !!! Une chose est déjà claire, TOUT LE MONDE pourrait payer ! Même, et ce serait fort judicieux, si l'on consentait des tarifs privilégiés aux personnes âgées et aux chômeurs en fin de droit ! Ensuite, et c'est là que les caisses maladies vont me bénir... l'intégralité des cotisations serait versée directement à l'hôpital cantonal qui en assumerait la gestion ! Libre à chacune et chacun des assurés, de choisir leur centre hospitalier, Cantonal ou Privé ! Il suffirait alors de tenir compte des besoins des cliniques privées, qui bénéficieraient d'une prime nettement plus importante par personne !
En disposant mensuellement d'une rentrée d'argent d'environ 50 millions, ne pensez-vous pas que l'hôpital cantonal serait à même d'offrir des prestations d'une qualité autrement plus étoffée et... à tout le monde, sans discrimination aucune ? Quel est son budget actuel pour faire face à toutes les charges inhérentes à son fonctionnement, à la gestion et à la recherche ? Est-ce que cette manne providentielle mensuelle ne viendrait pas renforcer son équilibre financier ? Plutôt que de contribuer à enrichir une minorité d'individus, les parts de cotisations non engagées dans les soins, serviraient au moins une noble cause : LA RECHERCHE MÉDICALE !!! De plus, pour les malades, plus aucun souci ! Je dois être hospitalisé ? Pas de problème... Puisque je paye mes cotisations, j'ai accès à TOUS LES SOINS, le temps nécessaire à mon hospitalisation, sans payer un centime !
J'entends d'ici, des voix s'élever pour crier " Ca fera combien de chômeurs ton plan à la con " ?? On garde le même personnel... un point c'est tout ! Il n'y a que l'employeur qui change ! Puisque c'est l'hôpital qui récupère les primes, il aura ainsi le personnel qualifié pour les gérer ! De plus, afin de refréner les tentations de licencier, pour se venger, les compagnies qui se délesteraient abusivement de leurs collaborateurs, serait taxées au maximum ; 50'000 francs d'amende par personne licenciée, ce serait sympa, non ? L'exemple que j'ai cité plus haut, est la preuve que lorsque la situation impose des décisions exemplaires, celles-ci peuvent être prises ! Je sais bien que certains ne vont pas se priver de me traiter de débile ! Mais contrairement à eux, j'ai au moins la dignité d'exprimer mon dégoût face à ces monopoles. De plus, même si elles sont imparfaites, mes idées ont au moins le privilège d'exister.
Un des journalistes du Genève Home Information, dans une récente édition, s'insurgeait avec une rare violence contre ces pratiques ignobles imposées par la plupart des Caisses Maladies. Dans son article, (dont j'ai envoyé une copie à plusieurs assurances comme il le préconisait), il mettait l'accent sur le fait qu'une fois de plus, les plus petits sont pris pour cible. Je tiens à lui rendre hommage et à travers lui, remercier vivement cet hebdomadaire gratuit Genevois. Pas facile de montrer du doigt les empires financiers, qui au fil des années, ont atteint une telle puissance que personne n'ose en parler. Modestement, par le biais de ce dossier, même si les idées ne sont pas royales, elles ont au moins le mérite de prouver qu'il est possible d'apporter des modifications ; sans forcément prendre les armes ni creuser des tranchées.
Il y aurait de quoi pourtant, péter les plombs et s'insurger ! Car, en plus des augmentations abusives dont je viens de parler, la nouveauté en matière d'abus de la part des caisses maladies, ce sont les médicaments ! Non contentes d'exploiter abusivement les assurés, voilà que ces caisses ont prévues de ne plus avancer l'achat des médicaments !... En clair, cela signifie que vous sortez de chez votre médecin et pour avoir droit de vous soigner, vous devrez avancer l'argent de l'ordonnance !!! Si ce sont des suppositoires passe encore ; quoi que !! Par contre, comme les autres secteurs de la santé, les médicaments sont hors de prix ! Une de nos amies, nous raconte ses difficultés à venir, à cause d'une pommade à la cortisone, dont le tube coûte... 100 francs !!! A quand l'instauration des tickets pour ne plus avoir le droit de crever ?
Si tout un chacun, plutôt que se contenter de critiquer, de railler ou mépriser ce dossier, essayait d'apporter d'autres idées, les événements prendraient une autre tournure. Facile de baisser les bras en se contentant d'avouer son impuissance. Facile de traiter les gens qui osent bouger, d'imbéciles, sans proposer autre chose naturellement ! Je n'ai rien contre les bénéfices que les compagnies d'assurances accumulent. Je ne puis par contre, demeurer silencieux face à ce comportement inqualifiable qui les pousse inéluctablement, à écraser et bafouer les gens pour augmenter leurs dividendes. Est-ce que ceux qui, abusivement, prennent la décision de faire grimper les primes, ont songé au désarroi des milliers d'individus qui en Suisse, n'ont même plus de quoi payer leur loyer ? Cette misère dont on n'ose pas parler, s'aggrave et s'amplifie avec des exactions de ce style. Que celles et ceux qui ont un coffre-fort en guise de cSur, méditent sur cette spirale qui les conduit vers les sommets de l'aberration humaine.
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