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DOMINIQUE GELAY

Poétesse

<<  DUNE BLONDE   >>

Dune blonde amante des souffles de hasard

J’avance, flots d’or d’éternité revêtus

Pourtant je n’amasse et je n’offre que fétus

Dune blonde amante des souffles de hasard

Mais tant d’aubes claires s’irisent tout là-bas

Et les vents m’emportent vers des lointains de nacre,

M’entraînent où flamboient des horizons lilas…

En moi fourmillent toujours mes espoirs têtus

Pourtant je n’amasse et je n’offre que fétus

Le tourment de ma soif la plus vive s’estompe :

Dans la coupe d’ocre d’un désert sans orages

Une fadeur sourde se répand et détrompe

Mon cœur exalté par de somptueux mirages

Les jours s’obstinent malgré mes paupières closes

Et les vents m’emportent vers des lointains de nacre

Où je voile de poussière l’éclat des choses

Dans la coupe d’ocre d’un désert sans orages

Je ne veux plus verser de nectars éphémères

Mon cœur exalté par de somptueux mirages

Tu vois la mort du jour confondre tes chimères

Dune blonde amante des souffles de hasard

Craintive quand l’ombre s’empare de l’entour

Lorsque le froid t’étreint, que naissent des murmures,

Qu’ils s’enflent, s’aiguisent, se hèlent tour à tour

Sous le dais nuital où se perdent leurs augures

Que des formes paraissent qui semblent guetter

Porteuses fidèles d’un très ancien message

Mais la peur t’instille son fiel pour apprêter

Ces remous clairs-obscurs qui te feraient plus sage

Dune blonde amante des souffles de hasard

Lorsque le froid t’étreint, que naissent des murmures,

Découvre dans ces voix les Mentors qui conseillent

Sous le dais nuital où se perdent leurs augures

Apprends les parfums musqués des fleurs qui s’éveillent

Porteuses fidèles d’un très ancien message

Versant des larmes de rosée pour qu’à l’aurore

Ces remous clairs-obscurs qui te feraient plus sage

Miroitent, tranquilles et t’appellent encore

Dune blonde amante des souffles de hasard…

Ce texte a été inspiré par la gravure intitulée " Nemo pervenit qui non legitime certaverit " : " Nul n’y parvient qui n’a combattu selon les règles (la 1ère Porte) insérée dans le roman Club Dumas d’Arturo PEREZ-REVERTE.


<<  L'AVEU   >>

Oui, je veux sa peau de sable et son plaisir pour tout décor, 

M’avouer fragile, partir en un baiser

Dans l’harmonie insondable et l’archipel aux plages d’or

Oui, mon cœur est indocile et la Morale doit ployer ;

Demeurer farouche, seule, je ne peux pas…

Dans mon désir immobile et son sortilège léger

Oui, j’ai ma paix de sa bouche et ses fureurs sont mon trépas ;

Sembler vénéneuses, tant pis ! pourvu qu’encor

Dans ses tours la vie nous couche et que s’y répondent nos pas

Toujours amoureuses…

Mai 1993. Lyon

 Ce texte a été inspiré par les rimes insérées dans le roman " Les amies d’Héloïse " d’Hélène de MONFERRAND, page 85 de l’édition de poche.


A la suite d’émissions sur Sœur Emmanuelle.

 Sombre despote la nuit séquestre toutes choses

Et s’opèrent alors d’étranges métempsycoses…

La plainte sauvage d’un oiseau de proie* résonne

Sur les monuments, les vieux temples. Nul ne soupçonne

Un trouble encore dans ces divinités passées

Dans leur éternel sourire et dans leurs joues glacées ?

Civilisation perdue que nous sublimons

L’Égypte est un don du Nil, une fleur de limon

Mais pour aujourd’hui l’indifférence nous indure ;

Fleurs de persévérance, écloses dans l’ordure

Sont les chiffonniers. Dans leurs charrettes, chaque jour,

Le fleuve paradisiaque est en crue, toujours

Pour ces déshérités-là, tous les jours sont remplis

D’une succession de prodiges accomplis ;

Ils fouillent l’Enfer qu’écument les rats : l’immondice

Pour trouver l’espoir dans ce nauséabond calice :

Ce faubourg de cabanes en bidons et en bois

Retentit de leurs rires, de leurs danses, parfois…

Ces forcenés de l’espérance partagent tout :

La solidarité forme leur meilleur atout

Toujours, d’un seul cœur s’enthousiasment ces damnés

Et s’affligent aussi. En ce soir empoisonné

La lune* s’élève dans un écrin de silence*

Surgit de la pénombre un chien* errant s’avance

Sans doute pour guider cet enfant agonisant

Très calme, sans aucune peur le paralysant

L’olive* pâlit et s’estompe sur son visage ;

Elle éclaire dans ses yeux un heureux présage

Jeune animal il vainc ses fauves intérieurs ;

L’horrible s’accomplit sans pleureuses ni crieurs

Et pendant qu’au nom du Christ ou bien qu’au nom d’Allah

Des hommes se déchirent, se tuent ici et là

-quand les crânes sont vides, vides aussi les cœurs-

Un jeune chenapan beau comme les Dieux se meurt.

Mais ce soir frères et sœurs sont tous là ; sans remords ?…

Ils ont oublié Allah et le Christ au dehors

A présent rien ne troublera la quiétude

De ce garçon face à son Ultime Servitude

Le khamsin, soudain plus tendre, emporte son âme

Dans de clairs vergers* où Paix avec Amour se pâme

D’éternel renouveau les âmes y sont nourries

Et c’est peut-être pour ça que les statues sourient…

 1989, Avril 1990, Mars 1994. Saint Nizier, Lyon

* : Dieu égyptien à tête de faucon, Horus illustre la lutte de la lumière contre les ténèbres, la nécessité de la vigilance dans la poursuite de l’éternité à travers les embûches des ennemis et des fautes.

* : dans le Coran, les phases de la lune et le croissant évoquent la mort et la résurrection.

* : le silence est un prélude à la révélation, soit pour la recevoir, soit pour la transmettre, il ouvre un passage. Il donne aux choses grandeur et majesté, il marque un progrès : " Le silence est une grande cérémonie ".

* : Dieu égyptien à tête de chien, Anubis est le guide des hommes dans la nuit de la mort.

* : l’olive (l’olivier) est un symbole de paix, de purification, de force, de victoire et de récompense.

* : à la fois les Vergers d’Osiris, les Jardins d’Eden et les Jardins d’Allah.


<<  CAUCHEMAR   >>

Je suis seule dans l’immeuble abandonné

J’avance dans un étroit couloir,

De silence vénéneux environnée.

Là, l’obscurité semble vouloir

Assaillir la lumière jaunâtre

D’un néon tout empoussiéré.

Nés des ténèbres des yeux blanchâtres

Me suivent, vides, acérés.

Mais je suis seule dans l’immeuble abandonné

Tout près, un chuchotis silencieux,

Un froissement, une course désordonnée ;

Quelque rat dans le plancher vicieux…

Un effluve fétide sourd de l’ombre,

Infect. Des cuirasses mordorées

S’approchent, inexorables, sans nombre,

Défiant la clarté abhorrée.

Pourtant je suis seule dans le couloir

J’accroche un voile diaphane :

Une araignée morte de ne pouvoir

Supporter les rais profanes,

Fragiles de la lampe roule sur mon bras.

Dans la pénombre des guerriers de cuir

Que seul un étrange cauchemar dénombra

M’encerclent doucement : je ne peux fuir…

Cependant, je suis seule dans le couloir

Et le sol crisse bizarrement

Sous mes pieds nus. L’esprit ne peut prévaloir

Sur la peur à l’acide ferment ;

Partout des corps roux affluent, se pressent :

DES CAFARDS PAR MILLIERS couvrent

Murs, sols. Mes chevilles disparaissent

Et mes jambes s’en recouvrent…

1988, Mars 1989. Saint Nizier.


<<   UNE TACHE BLANCHE  >>

Tout comme cette trouée d’un faisceau de lumière,

Glorifiée par un somptueux vitrail céleste

Dedans la cathédrale d’un soir de Chantelune

Tout comme un phare au bout de la croyance première,

Là où la vue se déchrysalide, se moleste,

Et devient le guetteur de sa propre défortune

Tout comme un stigmate d’un éclat thanatophore

Dans l’œil presque soumis à son sacrificateur

D’une humble victime transpercée de dagues courbes

Tout comme la médaille au cou d’une canéphore,

L’insigne sacré d’inquiétants conjurateurs

D’un long rituel défendu aux profanes fourbes

Tout comme une flammèche joueuse et folâtrine ;

Elle volte, bondit, toupille une tarentelle,

Une danse païenne aux baroques entrechats

C’est un sceau, une frontière qui tant me fascine,

Un lourd privilège, une corolle immortelle :

Une tache blanche sur le poitrail de mon chat.


<<  HYMNE   >>

Je voudrais être une île plantée là comme une dent

Et succomber sous les caresses de langues d’écume,

Vagues impudentes aux flots argentés et ardents,

Me dissoudre dans leur mêlée sans fin qui me consume…

 Je voudrais être un ciel très secret à l’humeur fantasque

Et pouvoir recouvrir et la mer et le continent

Me repaître d’amours femelles et mâles, sans masque

Admiré des ogres, méprisé par les abstinent.

Je voudrais être la terre, brûlée, léthiférée

Et ternir de poussière la sérénité des cieux

Dans un appel, dans un cri viscéral et, altérée,

Boire goulûment la pluie, la semence des Dieux.

Je voudrais être le zéphyr, ce satire invisible,

Et trousser la mer, fondre ciel et terre inassouvie,

Libérer dans l’espace cette force si terrible,

Cette brute cruelle que je porte en moi, la VIE…

 Avril 1989, Mars 1994. Saint Nizier, Lyon.


<<  SILENCE MON CŒUR  >>

 Silence mon cœur

Car je dois imaginer ces anamorphoses,

Parer l’entour de draperies et de dentelles,

Achever de mon Enfer les métamorphoses

Pour qu’en Paradis mon cœur parfois tu m’appelles

Pour de fugaces et profonds conciliabules

Car la parole perdue garde le secret

Silence mon cœur

Car je dois découvrir dans ces brouillards trompeurs

L’étroit pont* de pierre dure à la porte close

Où veille l’Ombre qui fouille mes malepeurs

La vie court comme l’éclair, il est temps que j’ose !

Ne soumets pas mes tourments à d’autres férules

Car la parole perdue garde le secret

Silence mon cœur

Car je dois atteindre l’autre rive, là-bas

Par l’alchimie de la fougue avec la prudence

Entre les tourbillons du Ciel et ceux d’En Bas

Que s’éloigne le temps fait pour la confidence,

Pour de fugaces et profonds conciliabules

Car la parole perdue garde le secret

Silence mon cœur

Car je veux m’étourdir du parfum de ces fleurs*,

Sillonner cette terre où la vie surabonde

Garde ton mal vouloir, tes discours persifleurs

-Qu’un pas, encore, cette euphorie vagabonde ?-

Ne soumets plus mes tourments à d’autres férules

Car la parole perdue garde le secret

 Juillet, Août 1996. Saint Nizier.

 * : pont : le pont permet de passer d’une rive à l’autre, de la terre au ciel, de l’état humain aux états supra-humains, de la contingence à l’immortalité, du monde sensible eu monde supra-sensible. Il faut aussi noter le caractère périlleux de ce passage comme celui de tout voyage initiatique.

* : fleurs : dans le monde celtique la fleur symbolise l’instabilité essentielle de la créature, vouée à une évolution perpétuelle et aussi le caractère fugitif de la beauté.

Ce texte a été inspiré par la gravure intitulée " Verbum dimissum custodiat arcanum " : " La parole per- due garde le secret " (la 3ème Porte), insérée dans le roman Club Dumas d’Arturo PEREZ-REVERTE.


<<  VOICI LES CLEFS  >>

Voici les clefs.

Que le firmament profond, très pur se déploie !

Que les Elfes répandent des senteurs nouvelles !

Que la brise caressante et si douce ondoie !

Que s’ouvrent les cieux aux nuages gris, moroses !

Que les tours des vents enfin à moi se révèlent !

Que je sente à la foi tous les parfums des roses !

Voici les clefs.

Que les flammes carminent hurlent à la vie !

Que mes anciens fers fondent dans la fournaise !

Que les Diables me tourmentent à l’envie !

Que s’ouvrent les feux pour moi, l’humble canéphore !

Que je m’épure par les flammes et la braise !

Que les tourbillons m’étreignent jusqu'à l’aurore !

Voici les clefs.

Que les eaux se parent de clartés saphirines !

Que les forces vives des pleines mers s’apprêtent !

Que leurs tendres voluptés vainquent les Ondines !

Que s’ouvrent les mers au sage et divin murmure !

Que j’entre dans les grottes marines secrètes !

Que je voie des sphères océanes l’augure !

Voici les clefs.

Que les Nabots* m’abandonnent leurs vieux grimoires !

Que j’en souffle toute opprobre et toute poussière !

Que les Ombres passées chuchotent leurs mémoires !

Que s’ouvre la terre noire, ventre fertile !

Que j‘y forge mon âme candide et grossière !

Que je la taille en pierre à la moire subtile !

Voici les clefs, prends garde !

 * : nabots : venus du monde souterrain auquel ils restent liés les nains (les nabots) symbolisent les forces obscures qui sont en nous.

Ce texte a été inspiré par la gravure intitulée " Clausæ patent " : " Ouvrez ce qui est fermé " (la 2ème Porte) insérée dans le roman " Club Dumas " d’Arturo PEREZ-RIVERTE.

 

Copyright 2001 © Dominique Gelay.

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