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GRAINES DE CHAMPIONS

12 Mars 2002

            Quelles que soient les Nations, les Régions ou les villes, dans tous les pays, les peuples éprouvent les plus vives inquiétudes envers la recrudescence de la violence. Cela me fait sourire, même si c'est choquant, car voilà plus de sept ans que dans mon Essai PPA, je suggère des solutions. La répression, faute de mieux, pourrait effectivement, ralentir la progression de cette émergence de la délinquance primaire. Encore faudrait-il s'en donner les moyens et surtout, ne pas en faire un cheval de bataille uniquement en période électorale !! Car ces phénomènes s'amplifient au fil des ans, faute de solutions cohérentes. Je persiste et signe pour des mesures drastiques, vis-à-vis des voyous, qui n'ont ni foi ni loi. Pour eux, la solution proposée dans mon dossier brûlant : " Irréductibles Délinquants ", s'impose.

            Reste les délinquants " en herbe ", ceux que la société en général fabrique et rejette en affublant les parents des pires manquements. Je ne conteste en aucun cas, l'aspect démissionnaire de certains parents, qui c'est vrai, contribue à augmenter ces dérives. Mais s'il y avait moins de "fusions", de "magouilles", donc de licenciements, l'énergie dont ces mêmes parents font preuve pour survivre, serait sans doute consacrée à leur progéniture. C'est un peu le serpent qui se mord la queue... Le chat qui court après la sienne... En attendant, la plupart des médias jouissent de ces " faits divers " tout heureux d'assouvir leur goût morbide pour le sensationnel. Je l'ai démontré dans plusieurs dossiers brûlants, je ne vais donc pas réitérer mes propos.

            Loin de me morfondre dans le néant d'une impuissance hypocrite, je garde au fond du cœur l'espoir de voir la société enfin réagir. Hélas, comme pour tout, si les moyens ne sont pas mis à la disposition des bonnes volontés, le marasme va perdurer des générations encore. On entend çà-et-là, au gré des "promesses électorales", que TOUT sera mis en œuvre pour éradiquer ces fléaux. Constructions de centres spécialisés pour délinquants primaires... Mesures de rétorsion par ci... Embauche massive de policiers par là... Et pourtant, des possibilités oh combien plus efficaces existent ! Encore faut-il manifester un désir authentique à trouver des solutions, et non s'enliser dans des propos abscons.

            Dans mon Essai PPA (au risque de me répéter), dans le troisième Chapitre " Rendez-vous demain ", j'esquisse une solution à propos du sport ; d'où l'idée aujourd'hui, de la développer d'une manière plus complète. Si j'ai nommé ce présent dossier " Graines de Champions ", ce n'est pas par hasard. Car c'est à ce niveau que les solutions se trouvent. Qui n'a pas en mémoire, les visages radieux des bambins, en admiration devant les sportifs de haut niveau ? Le football, le judo, le ski et bien d'autres spécialités encore, entraînent des courants de sympathie et suscitent de réelles vocations. Hélas, trois fois hélas, l'iniquité sociale ambiante, éloigne des salles et des terrains de sports, les enfants des plus démunis. Combien de champions en herbe, toutes disciplines confondues, resteront à jamais dans l'ombre de leurs idoles, faute de moyens financiers pour s'adonner à leur passion ?

            Les infrastructures sportives, globalement, pourraient accueillir tous ces bambins qui sont montrés du doigt. Seulement voilà, il faudrait que les Seigneurs de la politique, toutes Nations confondues, délaissent leurs masques un instant, pour se pencher sur cette jeunesse abandonnée. Comment, à cause du chômage, du marasme économique et de la décadence de la société en général, une famille avec deux enfants au moins, pourrait faire pour leur offrir une inscription à un Club sportif ? Ne rêvons pas et gardons les pieds sur terre ! Quand on a tout juste de quoi joindre les deux bouts, en se privant de tout plaisir excessif, comment pourrait-on financer des abonnements somme toute assez onéreux à ses enfants ? A cette forme d'exclusion, s'ajoute l'amertume des parents qui voudraient tellement, pouvoir répondre aux besoins de leur progéniture.

            A l'impossible nul n'est tenu et ce n'est pas par manque de désir, que les trois quarts des familles se résignent et renoncent faute de moyens. Le sport, à l'instar de beaucoup d'autres choses, est en passe de devenir un outil de ségrégation. Tous les moyens sont offerts à ceux qui sont fortunés, pour cautionner les intérêts des requins qui règnent sur ces empires. Ainsi, les " fils à papa " comme on dit, ont-ils accès aux universités (sport-études), aux grands Clubs et autres centres de haut niveau. Tandis que les fils de modestes ouvriers, se contentent des rues pour taper dans un ballon. A mon humble avis, c'est pour cela que la "relève" des sportifs de haut niveau n'est pas assurée. Ce qui induit en filigrane, un besoin odieux de faire monter la pression et transformer un sportif en laboratoire pharmaceutique. Car plus ils doivent fournir d'efforts, plus ils sont obligés de se gaver de substances illicites ; voir mon dossier : Les Ripoux du Sport.

            Il suffirait tout bêtement, d'ouvrir en grand les portes de tous les centres sportifs aux exclus, pour voir naître comme par magie un potentiel d'une rare richesse. Car il faut bien l'admettre, un fils à papa n'est pas forcément doué pour ce dont il a été choisi ; souvent contre son gré en plus ! Moralité, au lieu de disposer d'une multitude de champions en herbe, on se contente d'une faible minorité pour remplacer l'élite sportive. Dans mon Essai PPA, j'aborde cet aspect. Mais plus les choses sont simples et de surcroît, relativement peu coûteuses, plus on fait en sorte de les occulter ! Plus que jamais, il serait temps de laisser la parole aux peuples, afin de recueillir un maximum d'avis et obtenir un consensus sur les sujets essentiels. A l'instar des " hommages " rendus d'une manière aussi ponctuelle qu'hypocrite, les Gouvernements accordent un intérêt aux gens de la base, uniquement en période électorale.

            Comment parvenir à satisfaire toutes les attentes, sans que cela ne soit le prétexte à quelques malversations ? Prenons en exemple, une famille avec deux enfants âgés de neuf et onze ans. Le premier veut faire du foot, pour ressembler à Zidane. Le second veut s'inscrire au judo pour faire comme David Douillet. Quel budget sera nécessaire à la famille dont le père est au chômage ? Brrr... Je n'ose même pas y penser. Entre les équipements, les inscriptions, les frais inhérents aux déplacements, pour les petites bourses c'est hors d'atteinte ! Le drame c'est que même si les parents parviennent à satisfaire le désir de leurs enfants, rien ne dit que ces chérubins ne se lasseront pas rapidement et abandonneront leurs rêves aussi vite qu'ils y ont accédés. Doit-on pour autant blâmer les enfants ? Les adultes eux-mêmes, versatiles à souhait, ne parviennent plus à orienter leur choix ; comment pourrait-on exiger de ces bambins, qu'ils puissent le faire ?

            D'où cette idée de permettre aux gamins, de goûter un peu à tout afin de trouver leur passion véritable. Dans chaque région, il faudrait ouvrir un Centre d'orientation Sportive. Les locaux existent en nombre suffisants, ce qui éviterait tout investissement. Une équipe aurait en charge d'étudier les goûts des enfants, et serait composée de psychologues, moniteurs et parents. Chaque famille aurait à s'acquitter d'un forfait annuel d'inscription, par exemple cinquante Euros par enfant... Tous les équipements sportifs, seraient fournis par des sponsors ou les fabricants ; ce qui éviterait peut-être les écrans publicitaires ? Pour les motiver davantage, il suffirait qu'ils bénéficient de petits avantages fiscaux...;-)) Tous ces équipements resteraient la propriété des Centres bien entendu, et serviraient à autant d'enfants que nécessaire !

            L'enfant aimerait pratiquer les arts martiaux ? Le Centre le guiderait vers un dojo proche de son domicile, et lui fournirait tout ce dont il aurait besoin. Il en aurait marre au bout de trois semaines et voudrait goûter aux joies de l'équitation ? Il rendrait alors son équipement précédent et se verrait attribuer celui nécessaire à la pratique de son nouveau sport. Il aurait envie de changer une fois encore au bout de deux mois ? Pas de problème, il aurait le droit de choisir librement, en fonction de ses pulsions, de ses rêves, sans que cela ne coûte un centime à ses parents. Tôt ou tard, il trouverait sa voie, découvrirait enfin sa passion véritable et aussitôt, les professionnels chargés de la discipline le remarqueraient. Combien de fois les adultes modifient leurs orientations, s'adaptent à chaque nouvelle situation en pensant avoir enfin trouvé, celle qui correspond à leurs aspirations ? Eh bien laissons aux enfants les mêmes libertés de choix, sans leur imposer quoi que ce soit.

            Chaque Fédération Sportive, Comités ou autres Centres spécialisés, possèdent déjà les infrastructures nécessaires. Personnel, locaux, équipements et subventions. En regroupant les dirigeants en un seul lieu dans chaque région, on aurait ainsi les équipes complètes susceptibles de déceler un potentiel chez les enfants. Ces derniers pourraient alors s'investir pleinement dans leur passion, se découvrir, en pratiquant autant de sports qu'ils en auraient envie. Car même avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de voir un enfant s'épanouir s'il se sent obligé de faire telle ou telle chose, pour satisfaire le seul ego de parents prétentieux et arrivistes. Plus le choix se portera vers une immense majorité, actuellement mise à l'écart, plus on aura de chances de palier aux carences actuelles en matière de sportifs de haut niveau. Les vocations, les passions, émergeraient des profondeurs de ce que tout un chacun, qualifie de néant.

            En offrant aux enfants le libre choix, en leur permettant de toucher à tout, de se sentir à l'aise là où leur DON caché doit les conduire, les Graines de Champions ont toutes les chances de germer. Quelle serait la moisson pour un cultivateur, si lors des semailles, il ne mettait que deux kilos de graines sur son champs, au lieu des deux tonnes habituelles ? Lui viendrait-il à l'idée d'incriminer la valeur des semences utilisées après une piètre récolte ? Non bien sûr, fort heureusement ! Alors pourquoi sur le plan sportif, les dirigeants se contentent-ils de deux malheureux kilos de graines, plutôt que de planter les centaines de tonnes restantes ? D'autant, comme j'essaie de l'expliquer, que sur ces fameux deux kilos, au moins la moitié est déjà contaminée avant d'être semée ! Pas surprenant dans ces cas là, de se contenter des maigres récoltes ! ;-)) Mais à l'inverse de la dignité paysanne, les politiques n'admettront jamais, qu'ils ne sont que de bien mauvais cultivateurs !

            De part leur petite contribution annuelle forfaitaire, les parents ne seraient plus ruiner par les coûts prohibitifs suivant la discipline choisie. De la danse au Karaté, en passant par le foot ou le golf, de l'équitation au judo ou encore le volley, tous les enfants seraient égaux et disposeraient des mêmes opportunités. Plus l'enfant aurait accès à diverses disciplines, plus on aurait de chances de le voir s'épanouir rapidement et très vite, devenir une Graine de Champion ! En démocratisant l'accès aux différentes disciplines, éludant de ce fait les magouilles élitistes, le sport en général retrouverait sa valeur intrinsèque. Plutôt que dépenser des fortunes pour subventionner tel ou tel ami de mes amis, si cette manne financière était mise à disposition des Centres, donc des familles démunies, en plus de l'équité, chaque pays mettrait toutes les chances de son côté pour honorer son blason !

            A l'inverse des adultes, les enfants ne trichent pas, ne composent pas, restant fidèles à leurs convictions. Pour ces gamins en plus, ce serait l'occasion de quitter l'horizon nébuleux des banlieues, où ils croupissent faute de moyens. Si on leur offre la possibilité de choisir un sport, sans pour autant saigner les parents, à coup sûr ils deviendraient de bons petits citoyens et la délinquance tant décriée s'amenuiserait d'elle-même ! Reste à savoir ce que l'on veut !!! Est-il plus équitable de favoriser les classes privilégiées au détriment des plus humbles ? Est-il possible de souscrire aux possibilités authentiques offertes par cette ouverture, au détriment des seuls moyens obsolètes de lutte contre la délinquance ? Si l'union fait la force, le succès ne s'obtient pas en pressant comme des citrons les sportifs de haut niveau. Plus on aura un parterre de Graines de Champions à disposition, moins le recours aux produits dopants sera de mise. Mais pour avoir ce panel de futurs champions, il faut semer et semer encore, en oubliant ses propres intérêts.