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RAPPEL : Pour des raisons dictées par la prudence, les manuscrits sont présentés sous forme de chapitres sélectionnés ou de synthèses, effectuées par Word. L'ensemble, ne représente environ que le quart du roman complet. Ceci peut donc occasionner une incompréhension au niveau de la lecture. Car d'un paragraphe à l'autre, le vide peut représenter souvent plusieurs pages !

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Avec tout ce que l'on peut imaginer de formidable pour le couple qui, depuis leur rencontre, ne se quitte plus ; sauf pour dormir bien entendu. Respectant sans doute les règles protocolaires, ils en sont toujours au stade des préliminaires. Graduellement, la pression augmente en même temps que le désir, ce qui laisse augurer d'une suite beaucoup plus sérieuse et authentique entre eux.
Selon toute vraisemblance, l'aventure banale et sans lendemain ne les passionne pas. Ils semblent vouloir opter pour une relation absolue et sans faille. Ce moment divin s'il en est, tardera-t-il à venir ? A en juger la physionomie compatissante de Willy, la question ne se pose pas sans le préoccuper exagérément. Pierre après pierre, et ceci Willy en prend conscience, il convient de bâtir cet édifice amoureux. Pour étayer cette philosophie, Willy compare Brigitte aux autres femmes qu'il a fréquentées. C'est la première fois qu'il ne se laisse pas emporter par ses pulsions. Ce qui le conforte dans sa vision d'un état nouveau pour lui.
Avec toujours plus de romantisme au fond des yeux et un profond soupir de bien être, il se lève pour venir l'accueillir. Voilà cinq jours qu'ils se fréquentent en secret, sans l'avouer à personne. Les sourires sont de plus en plus tendres et les cœurs battent à un rythme effréné. Sans aucun doute, un événement se prépare et marquera cette journée d'une pierre blanche. Peut-on en douter en les voyant papillonner et rêvasser de la sorte ? Hélas, le temps passe trop vite. Angélique et câline, elle se propose de préparer les tartines de Willy. Délicatement, elle enlève la tranche de pain des mains de son compagnon, en lui souriant tendrement. Indifférente, elle poursuit avec entrain son travail. Lui, silencieux, perd lentement son sourire.
Logique et imparable. Ému et attendri, il ne sait plus quoi dire. Là, c'est Brigitte qui se trouve éberluée. Il y a belle lurette qu'elle a perdu le goût des bienfaits de la galanterie ! Ce qui ne peut que renforcer son attirance envers son ami. Le minutieux ballet que ses mains décrivent, en étalant le beurre ou la confiture, fascine Willy. Elle est très touchée, mais en même temps, elle prend conscience qu'il a été privé de l'essentiel au gré de ses relations affectives. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la première tranche de pain est avalée. Le même manège se produit mais cette fois, Willy est un peu moins bloqué. Le silence s'amenuise au fil des minutes. Que dire des regards et des soupirs ? Cette partie-là de leur bien-être, ils la préservent jalousement. Rien ne presse !... La fin de sa phrase, confirme ce que supputait Brigitte il y a quelques instants. Pour toute réponse, elle lui caresse tendrement la joue, en lui envoyant un petit baiser du bout des lèvres.
Réservée et prudente, elle préfère ne pas approfondir plus que de raison ces premiers symptômes révélateurs d'un amour passionné. Elle reprend son courage à deux mains pour apaiser la faim de Willy. Lui par contre, en demande une cinquième ! Son appétit est si beau à voir, qu'elle serait prête à en faire des centaines encore. Une dimension tout autre est là ! Maladroit dans ses gestes autant qu'en parole, il fait de son mieux pour dissimuler son malaise. Tout en dialoguant, il ne peut s'empêcher de fixer les mains de Brigitte. Très vite, elle remarque à son tour, l'embarras de Willy. Ce constat met en exergue, ses facultés à développer des situations imaginaires !
Ce qui est loin d'être un avantage. Tout en l'écoutant attentivement, elle observe son attitude. Ce détail, comique au demeurant, la réconforte au plus haut point. Brigitte est passionnée en écoutant son guide. Il apporte, en plus des informations primordiales, une touche sentimentale unique à son récit. L'historique sur l'île de Gorée, permet à Brigitte de retrouver son enthousiasme. Pourquoi ne pas imaginer que cette visite puisse aboutir au départ de leur amour ? Raison de plus pour être en condition ! Dynamisée à l'idée que sans doute aujourd'hui, leur avenir est en train de se dessiner, Brigitte retrouve son sourire.
Elle se replonge en enfance et avec une habileté extraordinaire, anéantit toute idée préconçue dans l’esprit de Willy. Quoi de plus normal que Willy soit ce convive ? Le visage de Willy s'éclaircit de nouveau. Comme par magie, les nuages qui obscurcissaient ses pensées se dissipent. N'est-ce pas la meilleure preuve de ses sentiments ? En le voyant en train de lui verser du café et du lait dans son bol, Brigitte en est toute attendrie. Ne vient-il pas en plus, de se proposer de lui faire aussi quelques tartines ? Entre deux bouchées ô combien délicieuses, ce gros bébé confirme bien son envie de ne pas laisser à qui que ce soit, le soin de décider. Cette fois, il n’en peut plus. Jamais avant sa rencontre avec Brigitte, il n’avait pris son petit-déjeuner. Sans vouloir l'avouer, tout en l'admettant quand même, il est prêt à se laisser choyer et dorloter. Là, elle se jure bien d'être encore plus vigilante et méthodique !
Sensible et romantique, il sera d'autant plus dur à dompter et à sortir de sa coquille. Ce petit jeu la grise. Ce cache-cache affectif est du meilleur effet. Le coup de foudre du premier jour est en train de se métamorphoser en idylle. Brigitte ne se lasse pas de le regarder, en train de se régaler avec son petit déjeuner. Repus, Willy se lève péniblement de sa chaise. Si Brigitte avait pu douter de son attachement à Willy, la scène qui suit est là pour le lui confirmer. Comme le jour de son arrivée, les minettes au cœur d'artichaut se ruent sur Willy dès qu'elles l'aperçoivent à la sortie du restaurant. Tandis que Willy s'écarte de ses admiratrices, elle écrase nerveusement sa cigarette par terre. Pas de doute, la jalousie est au rendez-vous ! Heureusement, Willy a vite fait de se débarrasser des femmes fatales, et rejoint aussitôt son amie. Pas question de parler de ce qui vient de se passer, sans éveiller ses soupçons.
Dans un premier temps, elle l'écoute avec un réel plaisir parler de son ami Fall et du programme de la journée. C'est la meilleure façon pour ne pas le traumatiser. Elle boit littéralement ce qu'il dit, tellement il se montre enthousiaste et heureux. Raison de plus pour ne pas jeter le pavé dans cette aura de porcelaine ! Est-ce bien le moment ? Même à contre cœur, elle est obligée de se libérer du poids qui l'oppresse. Si elle garde cette jalousie enfermée en elle, la journée paraît bien compromise. Tout en partageant la joie de Willy elle cogite en silence.
Loin de se sentir offusqué, et encore moins irrité par cet aveu pourtant révélateur, Willy prend les remarques du bon côté. D'un côté, elle met en relief le désir ardent de Brigitte, et de l'autre, elle conforte son envie de ne plus le voir avec d'autres femmes. Le plus naturellement du monde, sans se justifier pour autant, il cherche à rassurer Brigitte. La femme en question n’était autre qu’une cliente. Hélas pour elle, le vaillant navigateur n'est plus seul ! En d’autres temps, et Willy ne s’en cache pas, il aurait sans doute accepté ; ne serait-ce que pour avoir la paix.
N'écoutant que son cœur, Brigitte explose. Cette fois, elle n'entend plus rien que les battements de son cœur. L'image de la bouche de cette mégère, en train de se coller sur celle de Willy, l'exaspère et l'irrite au plus haut point. Une scène de ménage serait du plus mauvais effet ! Peu importe la finalité, l'essentiel étant qu'elle se sente bien dans sa peau. A bâtir un avenir, autant le faire sur des bases saines ; ou tout arrêter ! Elle allume nerveusement une cigarette et réagit au moment où Willy termine le récit de la soirée avec cette admiratrice un peu trop zélée. Tout se mêle dans son esprit. Elle veut tellement tout dire en même temps qu’elle en devient confuse. En attendant, Brigitte remet les pendules à l'heure avec tout ce qu'elle a de pur au fond du cœur.
L'aspect sarcastique avec lequel Brigitte égratigne les copines de Willy, ne fait que conforter ce qu'il avait hâte d'entendre. Willy ne sait pas comment s'y prendre pour apaiser son courroux. Brigitte redoute sa réaction. Ils en avaient discuté longuement. La façon qu'il a de se dandiner sur sa chaise, de promener son regard partout sauf sur Brigitte, ne laisse rien augurer de bon. Le coup porté laissera-t-il des traces irréversibles ? Elle meurt d'envie de se jeter au cou de son amoureux. Elle voudrait se mettre à genoux, et lui demander pardon. Est-ce la bonne attitude ? Dieu que ce silence est lourd à supporter !
Ils restent encore quelques instants muets, comme étouffés par une atmosphère de plus en plus accablante et irrespirable. Tranquillement, il allume une cigarette après avoir croisé ses jambes et pris ses aises. La belle princesse retient presque sa respiration. Jusqu'à aujourd'hui, cela ne dérangeait pas Willy. Face au comportement de sa dulcinée, il démontre l'étendue de ses valeurs profondes. Pour conclure ce monologue assez tendu, il précise qu’il ne mélange jamais le travail et le plaisir.
En guise de sourire, Brigitte se précipite aux pieds de Willy en fondant en larmes. Elle appuie sa tête sur ses genoux, pour mieux dissimuler son chagrin. Pour être claire, la situation l'est, au-delà de ses espérances. Bien plus par l'authenticité des sentiments du jeune homme, que par les reproches qu'il lui a formulés. Tendrement, il lui soulève le visage, et essuie les plus grosses larmes. Ils se regardent au fond du cœur. Ce bref instant d'analyse émotionnelle passé, Willy serre très fort la tête de son amie entre ses bras, et la plaque contre sa poitrine. Délicatement, il redresse Brigitte et la reconduit à sa place. Il prend ensuite sa chaise, qu'il rapproche au plus près de l'élue de son cœur.
Après quoi, plus doux et tendre encore, il la prend contre son épaule en lui déposant plein de petits bisous sur la joue. Peu à peu, elle retrouve son sourire et surtout, son envie folle de partager désormais sa vie avec Willy. C'est ce qu'elle confirme à haute et intelligible voix. Lui non plus visiblement, et c'est bien ce que Brigitte apprécie au plus haut point. Après avoir immobilisé sa voiture au parc, Willy vient aussitôt ouvrir la portière de Brigitte.
En parfait serviteur, très stylé, il ouvre la portière à sa belle. Il se penche à l'intérieur de l'auto et prend Brigitte dans ses bras. Du bout des doigts, elle caresse le crâne de son galant. Une fois les pieds sur le plancher des vaches, Brigitte a vraiment du mal à retrouver ses esprits. Brigitte, plus pitre que jamais, essaye de l'imiter du mieux qu'elle peut, en titubant sur place.
Ne serait-ce pas plus facile avec un entonnoir ? Il n'en fallait pas davantage pour qu'à nouveau, Willy saisisse l'occasion qui se présente pour la reprendre à nouveau dans ses bras. Fort heureusement, Willy s'arrête à quelques mètres du quai. Willy promène son regard entre Brigitte et lui, plus gêné qu'au premier jour de sa rencontre avec sa Princesse. Ravi et comblé, Fall s'approche pour embrasser la compagne de Willy. En les voyant tous les deux, il réalise que prochainement, la Voile d'Or sera décorée des guirlandes multicolores du mariage ! C'est un peu prématuré, mais son intuition ne l'a jamais trahi. Fall s'éloigne un peu du couple, ému et vraiment heureux de voir son ami enfin amoureux. Sait-on jamais ? Grand bien lui en a pris !...
Main dans la main, Brigitte et Willy rendent une visite à la patronne du club nautique de Dakar. Willy y adhère depuis son arrivée. C'est ici qu'il a tout appris de son métier. Heureuse et fière, Brigitte se blottit contre lui. Ces instants sont tellement divins, que pour rien au monde ils ne veulent les minimiser. Les regards échangés entre les deux femmes sont là pour en témoigner. Tout s'avoue en secret, tout se dit avec les yeux. Une chose est certaine, Willy est estimé de tous et son bonheur est partagé sans préjugé. Au club, les souvenirs ne manquent pas, les anecdotes encore moins ! Toutefois, Brigitte a du mal à contenir ses pulsions. En attendant que le couple prenne enfin congé.
Le soleil ne pardonne pas et mieux vaut se prémunir d'une insolation possible. Cette surveillance des alentours, pourrait bien cacher quelque chose ? Il n'en faut pas plus pour que Brigitte se décide à poser une question brûlante. Pour elle, le mythe devient une réalité effarante. Ce fléau national, comme l'explique Willy, ne peut même plus être contrôlé. Intriguée, elle promène à son tour ses yeux autour d'elle. L'accueil et l'hospitalité sénégalaise sont la fierté du peuple tout entier ! Les natifs du terroir, tel Fall, la mettent en exergue avec amour et authenticité. Les autres, c'est-à-dire la minorité noire étrangère au pays, et marginale, se délectent de larcins et d'escroqueries. Tous bien entendu ne sont pas du même acabit fort heureusement.
Au milieu d'une cohue indescriptible, les touristes et les habitants se côtoient dans une ambiance de kermesse. Pour Brigitte, c'est l'émerveillement total. Appareils photos et caméras pour les uns, légumes, fruits, boissons pour les autres, bref, un véritable marché aux puces ! Au fond, elle ne se fait pas de soucis, se sentant protégée par Willy et Fall. Willy avait raison, elle était repérée depuis bien longtemps ! Ils se faufilent et disparaissent, pour réapparaître un peu plus proches encore. Agiles, silencieux, ils sont en plus très nombreux ; il faut être vraiment averti pour traverser ces bandes sans dommages !
Brigitte réalise alors, combien les occidentaux représentent des victimes potentielles pour ces requins. Ravie et comblée, Brigitte peut enfin franchir la coupée, aidée et soutenue par Willy et Fall. Après bien des efforts et quelques bousculades, ils se retrouvent enfin assis. Raison de plus pour Willy et Fall, d'encadrer Brigitte au plus près. Pour gagner du temps, elle se colle à celui-ci par intermittence seulement. Elle ne s'en était pas rendu compte en montant à bord. Brigitte en profite pour explorer les différents ponts du bateau. Balancée de tous les côtés, d'avant en arrière et latéralement, elle offre aux passagers l'euphorie des grands larges. Brigitte a déjà dans le passé, effectué des promenades en mer. Pourtant, c'est bien la première fois qu'elle se sent si inquiète et peu rassurée. Il lui suffit, pour apaiser ses craintes, de se tourner vers Willy et Fall. Brigitte essaye de se maîtriser du mieux qu'elle peut. En se crispant sur elle-même, elle s'agrippe aussi très fort autour de la taille de son compagnon. Pour les plus courageux, depuis la passerelle. Brigitte, pour sa part, focalise son esprit sur les dangers potentiels.
Le calme et la décontraction de Willy, contrastent avec la soudaine rage de Brigitte. Elle vit tellement tout ce qu'elle dit et ressent, qu'elle se métamorphose en panthère chaque fois. Tout, autour d'elle et dans son esprit, vient noircir des scènes pourtant quotidiennes et sans aucun danger. Tout se trouve à cette image, exagéré et grossi. Willy a beau essayer de se montrer convainquant, Brigitte demeure sceptique et anxieuse. N'est-ce pas qu'un prétexte pour se blottir contre lui ? Plus le temps passe, plus elle devient câline. La limpidité de ses sentiments, l'authenticité de ses pulsions, la transforment en fée d'amour aux yeux de Willy.
Auprès de tous, Brigitte rayonne de charme et de beauté, autant que de douceur et de tendresse. Lassée du spectacle qui se répète, elle change d'endroit. Ayant repris son souffle et apaisé son envie de volupté romanesque, elle suggère d'aller vers l'avant du bateau. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Brigitte et ses anges gardiens se lèvent et tant bien que mal, se dirigent vers la proue du bateau. Le flegme et la décontraction, ne sont pas l'apanage exclusif des britanniques ! Faire bouger les passagers sénégalais, quand ils sont confortablement installés, c'est une aventure en soi ! Ils se moquent bien de sentir les toubabs en peine, pour progresser dans ce dédale de corps enchevêtrés.
En voyant les autres passagers en train de narrer ce qu'ils ont vu ; où l'imaginant, ce qui est plus proche de la vérité ! Quoi qu'il en soit, Brigitte oublie ce parcours du combattant, au profit d'un bien être absolu en humant le grand air. Willy se place juste derrière elle, en lui posant sa main sur l'épaule. Instinctivement, Fall s'écarte du couple. Plus que jamais, il prend son rôle de protecteur au sérieux. Willy étant en ce moment, sonné tel un boxeur après un uppercut. Trop vite cette fois, pour les amoureux, la chaloupe arrive en vue des côtes de Gorée. Le moment est venu pour le guide, d'entamer sa longue série d'informations qu'il apportera tout au long de cette journée.
Les yeux de Brigitte se fixent déjà sur les abords du quai. Instinctivement, ses mains se serrent sur la balustrade de la chaloupe. Il n'en fallait pas plus pour que Willy revienne se placer derrière elle, prêt à toute éventualité ! Comment va-t-elle réagir sitôt que la chaloupe va parvenir à quai ? Plus la vedette se rapproche du port, et plus le cœur de Brigitte bat fort. La plupart des gens attendent la chaloupe pour aider à débarquer les vivres et les colis. Ils gagnent ainsi quelques pièces pour vivre.
En temps normal, comme l'explique Fall en riant, avec les deux moteurs c'est déjà une aventure pour accoster. Le spectacle en vaut la peine il faut bien le reconnaître. Rien de bien méchant au demeurant. Les plus agiles se prenant pour des singes, sautent du pont supérieur sur le quai. Qui permettent entre autres, aux mamies de se venger un peu en éclatant de rire ; chacun son tour ! ... Brigitte en profite pour voir grandeur nature, la misère transformer les humains en fourmis laborieuses. Le spectacle est bien plus impressionnant dans sa réalité. Triste scène en vérité. Brigitte ne peut s'empêcher de se remémorer les images dramatiques lors de son arrivée à l'aéroport. Outrée, elle en serre les poings et les mâchoires. Tendrement, il raisonne sa dulcinée, et parvient à calmer son courroux. Discrètement, Willy fait signe à Fall de se placer de l'autre côté de Brigitte.
Mieux vaut prévenir que guérir ! Plus ils se rapprochent des premiers lanceurs de pièces, plus la respiration de Brigitte devient haletante. Pourvu qu'elle garde son sang froid ? Willy essaie de faire tomber la pression, en détournant son attention. Les risques d'incidents sont trop grands, pour ne pas en limiter l'ampleur possible. Brigitte n'en peut plus. Il faut qu'elle laisse échapper sa colère coûte que coûte. Comme par hasard, elle se baisse aux pieds d'un homme en train de jeter des pièces. Le regard qu'elle lui adresse est significatif !
Willy réalise juste à temps la supercherie et sans hésitation, relève Brigitte et l'entraîne presque de force. La douceur de son regard, la pureté de son âme et son immense générosité, permettent à Willy de revoir ses copies. Le dédain notoire qui orne le visage de certains ne lui échappe plus, et lui transperce le cœur. La petite Princesse illumine son regard telle une divinité. Consciente et lucide, elle n'est pas au mieux de sa forme en ces instants. Si pour elle tout à l'heure, sa réaction se serait limitée à un bain forcé pour le touriste, avec son petit ami, les conséquences risquent d'être plus violentes. Habilement, elle vient se placer entre son ami et celui qu'il dévore déjà du regard.
Brigitte, habilement, dépose un bisou sur la joue de son compagnon. Pour mériter l'amour, il faut être en état de grâce. Autant en faire bénéficier son ami le poète, propriétaire de ce petit café. Ils en profitent aussi pour réserver une table, pour le déjeuner tout à l'heure. Ce qui est prudent en cette période d'affluence. Nouvelles présentations, nouveaux regards admiratifs et envieux à l'égard de Brigitte. Fasciné par sa compagne, il ne cesse de l'admirer. La flamme qui brûle en lui, est attisée à chacun de ses sourires.
Heureusement que Fall est là pour s'occuper de tous les détails ! Les spasmes vaporeux dont Willy est atteint, sont de plus en plus fréquents et rapprochés. Pour Brigitte et Willy, cet endroit devient un paradis. La bonne humeur s'installe et Brigitte en profite pour promener son regard aux alentours. Le concret pour sa part, offre à ses yeux ébahis, le vrai visage de la vie. Plus détendus, moins agressifs, les gens paraissent vivre en toute quiétude. Fall en profite pour dresser un portrait sommaire et concis de "son pays" ; en l'occurrence Gorée ! La visite promet d'être riche en émotions !
Première étape après cette petite pause matinale, la maison des esclaves. Raison de plus pour partir à sa découverte sans plus tarder. En attendant que l'heure soit venue, Brigitte et Willy fument une cigarette. L'expression dans ses yeux, traduit pleinement sa peine et son recueillement. Pour Willy, qui remarque en silence l'attitude de Fall et celle de Brigitte, la suite promet d'être riche en émotions. Il le sait, pour avoir moult fois visité le Musée, l'intensité des propos du guide autant que les frissons qu'ils procurent, ne laisseront pas son amie indifférente.
Les ancêtres étaient achetés et répartis sur la plupart des continents. Avec Fall, ils échangent un soupir qui en dit long en regardant la Princesse. Après avoir écrasé sa cigarette, Willy sort un billet de sa poche et le tend à son ami. L'atmosphère est déjà pesante et lugubre. Willy s'attend au pire au cours de la visite. En même temps qu'elle voit en pensée, elle entend ! Bien plus qu'une simple impression, l'odeur de la mort vient à son tour rehausser ce malaise évident. Cramponnée à Willy, elle imagine ces femmes et ces hommes, enchaînées entre ces murs en attendant d'être vendus.
Tout est conservé en l'état, des chaînes aux anneaux. L'étroitesse et la froideur des pièces, où les martyres étaient stockés en surnombre constant, ne peut qu'émouvoir davantage la Princesse. Là, cela est trop pour Brigitte. Ne pouvant plus se retenir, emportées par le flot de larmes de Brigitte, les autres femmes à leur tour éclatent en sanglot. Willy pour sa part, bien qu’ému chaque fois, l’est beaucoup plus aujourd’hui. Sans chercher à dissimuler quoi que ce soit, il laisse son cœur exprimer ce qu’il ressent. Son émotion est encore plus belle et authentique. Ce pèlerinage a au moins l'avantage d'ouvrir les yeux à celles et ceux qui jusque-là, ignoraient tout du Sénégal.
A l'époque infâme de l'esclavage, l'Afrique en général et le Sénégal en particulier, étaient peuplés de gens solides et robustes. Pour Brigitte, qui éprouvait depuis son arrivée à Dakar de très fortes pulsions pour ce pays, les réalités deviennent on ne peut plus claires. D'autant qu'en plus de l'esclavage, les colonisations ont contribué pour une large part à cette dégradation morale et physique du Sénégal. En plus des tortures physiques et morales qu'ils subissaient pendant souvent de très longs mois, ils connaissaient en quittant ces lieux, l'amertume et le désespoir de ne plus pouvoir fouler leur sol natal. Si en temps normal, vivre au passé est ridicule, là, en ces minutes c'est d'une extrême importance.
Par dignité cependant, Brigitte attend d'être éloignée du Musée pour éclater une nouvelle fois en sanglot. Même les gamins sont peinés, au point de se prendre la main et fuir en courant. Tant et si bien que Willy à son tour, se met à renifler et essuyer ses yeux brûlants. Brigitte est tellement émotive et sensible, qu'une telle rencontre avec le passé ne pouvait que déclencher cette avalanche de larmes. Willy a du mal à imaginer cela possible. Il ne doute pas de la véracité des narrations de sa compagne, mais il ne peut que difficilement en admettre l'authenticité. Fall pour sa part en est convaincu très vite et ne peut qu'admirer davantage la Princesse.
L'émotion apaisée, la visite se poursuit avec cette fois, la ferme intention de ne plus en compromettre la sérénité. Bref, le petit manège amoureux reprend ses droits. Même en flânant, le tour en est très vite fait. Au cours de ce petit arrêt, déjeuner oblige, le couple peut à loisir s'abandonner dans ses rêves les plus doux. L'ami de Willy, le poète restaurateur, n'en croit pas ses yeux. Convaincu par ce qu'il voit, il ne peut s'empêcher de laisser parler son cœur et son talent. Ce petit quatrain improvisé, émeut Brigitte au plus haut point. Il retrace en quelques mots, la valeur morale de Willy ; ce qui sensibilise la jeune femme au plus haut point.
Ensuite, en prenant avec ses hôtes le verre de l'amitié, le poète ne peut s'empêcher de se faire gonfler les chevilles en se vantant du mieux qu'il peut ; cinéma, littérature, il ne sait plus où donner de la tête ! Même si ses contes sont exagérés, ils demeurent crédibles. Au-delà des apparences, il est loin d'être démuni de culture et d'intelligence. Photos à l'appui, il apporte la preuve de ses expériences cinématographiques en Europe. Sommité incontournable s'il en est, pour de très nombreux visiteurs. Chaque pierre ou presque, a son histoire. Des lieux historiques en passant par les maisons plus humbles, il connaît tout.
En arrivant sur une grande place, Fall ne peut s'empêcher de mettre en enseigne l'esprit de tolérance et de cohabitation des sénégalais. Cette chaleur-là, ne dérange pas. Les oreilles de Brigitte et Willy se mettent à bourdonner. Fall prend conscience que ses explications sont vaines. De toute évidence, ses amis sont loin de l'écouter et encore moins de l'entendre. Face à la maison de Dieu, Brigitte et Willy se découvrent pleinement. Hasard ou concours de circonstance ? Quoi qu'il en soit, pour eux le tournant est en train de se négocier de façon brûlante. Plus rien ni personne, ne peut venir les déloger.
Là où ils se trouvent en ce moment, il n'y a que les amoureux qui sont en mesure de les rejoindre. Car l'amour, ce fruit divin, est en train de mûrir. Ils se regardent ou bien se fuient, se désirent et puis s'ignorent... Le rituel auquel ils se livrent amuse et fascine le guide. Pour tout l'or du monde, il ne céderait sa place. Des moments comme celui-ci sont tellement rares pour lui, qu'il en a les larmes aux yeux.
La terre pourrait extirper le feu de ses entrailles, qu'elle ne les perturberait pas. Leurs visages ne sont plus qu'à quelques petits millimètres l'un de l'autre. L'atmosphère devient de plus en plus palpitante. Face à Dieu, on ne triche pas, ce qui rend cette scène encore plus émouvante aux yeux des curieux, de plus en plus nombreux et attentifs. Le regard qu'ils échangent est le lien harmonieux, dans cette communion des cœurs et de l'esprit. Aujourd'hui encore injustement et très durement touchés par l'égoïsme et l'indifférence, ils savent au moins s'émouvoir sans tricher. Délicatement, Willy entoure le visage de Brigitte avec ses mains.
L'amour du couple resserre celui des spectateurs émus. Nouvelles caresses, nouveaux murmures et gloussements de plaisir, et voilà les tourtereaux échangeant un nouveau baiser avec plus de volupté. Cette fois officiellement, le couple se déclare un amour absolu. Envahis l'un et l'autre par un désir physique ardent, ils se découvrent mutuellement. Le second par contre, qui émane du fond du cœur et fait appel à la grandeur des sentiments, promet d'être plus pathétique et beaucoup plus long aussi ! C'est sans doute pour cette raison que Fall, histoire de s'amuser un peu, consulte sa montre ? Au moment précis où le couple échange la deuxième accolade. Dans l'assistance, de plus en plus imposante, le même délire est partagé. Hommes et femmes, mariés ou non, échangent des regards tendres puis des mots doux. Qui aboutissent aux mêmes conclusions que Brigitte et Willy. Dieu que ce baiser est délicieux !
Ce qui ne peut que donner du regret à Fall. Lentement, fort heureusement pour le pauvre Fall, le couple revient sur terre après ce voyage idyllique au pays des merveilles. A ce moment précis, tous les habitants se lèvent et applaudissent chaleureusement. Tels des siamois, Brigitte et Willy ne laissent pas la plus infime partie de leur corps éloignée de l'autre. Désormais, plus rien ne pourra les séparer. L'aspect de Dakar se trouve métamorphosé à ses yeux. Les escrocs ? Ils n'ont qu'à bien se tenir ! En résumé, une philosophie absolument divergente des premiers jours, s'instaure peu à peu. Est-ce lui ? Ce n'est pas croyable ! Est-elle en train de rêver ?
Pour être certaine de ne pas être aux prises avec des hallucinations, elle se pince très fort. L'homme qu'elle voit et qu'elle fixe avec une telle intensité, est bien là, en chair et en os. Elle voudrait s'enfuir en courant, mais ses jambes se dérobent. En une fraction de seconde, tout s'écroule autour de Brigitte. A en juger sa façon de dévisager l'homme, ils n'ont guère d'atomes crochus ! En attendant, la pauvre femme est pétrifiée. Que désire ce monsieur, d'apparence plutôt chic, dont la présence traumatise Brigitte ? Est-il ici pour détruire son bonheur ? La jeune femme est-elle en danger ? Plus il se rapproche d'elle, plus il met en évidence son influence néfaste. La tension monte de plus en plus dans le cœur de Brigitte. Pour Brigitte, les intentions de son interlocuteur ne font aucun doute.
Plus hautain et hypocrite que jamais, l'homme en lui parlant, lui soulève le menton. Sa suffisance, son arrogance, le rendent encore plus méprisable. Depuis toujours, elle déteste ce genre d'individu, dominateur et prétentieux. Brigitte accentue le peu d’ascendant qu’elle est en train de prendre. Au fur et à mesure qu'elle vide son sac, la haine grandit en elle. Voilà des années qu'elle attendait ce moment-là. Le violeur chevronné, savoure et se délecte en imaginant ce qui va se passer. Pour Brigitte, les pensées sont aux antipodes. La carapace est en train de fondre comme neige au soleil. Perdant un peu son calme et son sang froid, elle hurle de plus belle. Aucune réaction parmi la foule ! Pourtant, elle ne se prive de rien ! Le traitant de pédophile et d'obsédé, recherché par toutes les polices d’Europe et du monde sans doute. Tout est passé en revue, ce qui ne fait qu'augmenter la colère latente du faux gentleman. Rien ne manque dans le récit de Brigitte.
S'en prenant aux nombreux badauds qui assistent ravis à ce spectacle, il masque en vérité son indisposition. Brigitte le connaît bien et analyse objectivement l'ascendant qu'elle prend sur lui. Cette fois, l'homme est pris au piège et il n'a plus le choix. D'autant plus qu'à présent, l'assistance ne rit plus. L'étau se resserre autour du couple. Très professionnel, il tapote amicalement les épaules des spectateurs, tout en se rapprochant de Brigitte. Un tendre petit bisou dans le cou de sa compagne et c'est gagné ! Seulement, ce que personne n'a remarqué et que Brigitte ressent très bien, c'est la lame du couteau qui est plantée sous sa gorge ! Inutile d'insister, encore moins chercher de l'aide. Serait-ce sa dernière heure ? De son enfance à aujourd'hui, tout lui revient en mémoire. En dépit de l'insistance et des menaces, elle refuse de sourire.
En terminant sa phrase, il ne peut s'empêcher de plonger son regard dans le décolleté avantageux de Brigitte, autant que sur les rondeurs de ses fesses. Perverti au maximum, il en salive et en perd la raison. Paralysée à l'idée d'être la proie de ce vampire, elle garde néanmoins son sang froid pour essayer de rester en vie. De toutes ses forces, elle implore le pardon de Dieu en espérant qu'il la délivre au plus vite de ce carcan. Du brouhaha elle passe au silence, ce qui amplifie un peu ses craintes.
Parfaitement retirée de la vue des habitants, dans un lieu désert et discret, la voiture attendait son propriétaire. L'auto n'est pas une inconnue pour Brigitte ! C'est dans cette prison mobile, que ce sinistre individu abusait de ses proies. Quelle horreur ! Ses doigts sont rouges. Elle imagine avec effroi, qu'elle aurait été son sort si elle avait tenté de s'enfuir ! En baissant les yeux, elle aperçoit tout aussi affolée, une arme de poing dans la main de son " cher et tendre " ! En même temps qu'il lui tend les clés, il lui soulève le menton avec son revolver.
La mort, indicible et latente, répand son funeste parfum. Aujourd'hui, mêlée aux relents de perversion, Brigitte la redoute au plus haut point. L'énergie du désespoir est en train de l'abandonner à son triste sort. La voix caverneuse du sadique n'est pas faite pour atténuer son émotion. Pas un détail ne manque. Rencontre fortuite, menace du couteau, et l'arrivée à la voiture. Le vaurien n'est pas un amateur dans le genre ! Son palmarès en criminalité sexuelle est assez élogieux pour être pris très au sérieux. C'est donc avec un courage et un sang-froid extraordinaires, qu'elle contrôle sa haine et sa peur.
Reprenant une position plus conventionnelle pour ce genre d'investigations, il se rassied correctement. Après avoir écrasé sa cigarette, il se tourne sur le côté et entame avec une volupté incommensurable, les prémices attendus. Perdue pour perdue, autant essayer n'importe quoi ! Il jouit presque en voyant ses cuisses ? Autant qu'il prenne son pied en découvrant le reste ! Vêtue d'une simple jupe fendue, qui est agrafée sur le devant, la chose ne devrait pas être trop compliquée. Ce mince filet d'espoir ne doit pas être tari. Il n'a pas le temps de réaliser ce qui se passe, que Brigitte se livre à une séance de déshabillage en règle. De plus en plus sûre d'elle, en dépit des risques encourus, elle déboutonne sa jupe intégralement. Après avoir libéré ses seins, et écarté les jambes au maximum, elle prend la main du pantin qu'elle place sur le galbe de ses cuisses.
En même temps qu'il perd son sourire, il ravale sa salive avec rage et difficulté. L'ironie et la causticité des propos de la femme, ponctuant magistralement cette habile mise en scène, le conduisent à l'effondrement. Pour combien de temps ? Cette petite astuce très bien employée, Brigitte la tenait d'un de ses amis psychiatre. Le simple fait d'afficher un consentement, comme Brigitte en ce moment, ne peut qu'annihiler les pulsions primaires. La pression baisse à l'intérieur de la marmite et l'obsédé s'effondre en fondant comme neige au soleil. Brigitte n'a pas envie qu'il se transforme en glaçon ! C'est pour cette raison qu'elle amplifie son avantage avant qu'il ne puisse retrouver ses esprits. Poursuivant sur sa lancée avec le même culot, elle allonge son bras en direction de la braguette du héros fatigué ! Il est tellement médusé, qu'il ne sait plus quoi faire ni répondre.
Subjugué et terrassé par l'audace de sa victime, le conquérant reste un court instant sans réaction. En principe, ils n'aiment pas se sentir aussi ridicules. Violemment, il repousse Brigitte vers sa portière. La pauvrette en est presque assommée. Au bord de la crise d'hystérie, il se jette sur elle et lui tire les cheveux en arrière en lui administrant une gifle magistrale. Le sang coule de son front. Au gré des coups, la voiture fait des embardées de plus en plus périlleuses. Le ballet auquel elle se livre n'est pas du goût de son propriétaire. Totalement hors de lui, il descend et se précipite pour venir arracher Brigitte de son siège.
Après quoi, plus dominateur que jamais, il contemple sa victime. Péniblement, elle se relève et ramasse ses affaires, éparpillées un peu partout. Elle ne peut pas en cet instant, contempler l'océan sans y voir le visage de son adorable Willy. Sans se soucier de qui pourrait bien passer sur la route, elle se retourne et dévisage son adversaire. Visiblement, elle est en train de gagner son pari. Hélas, Brigitte se montre un peu trop présomptueuse et provocante. Se déhanchant au maximum, tortillant des fesses, elle va et vient en le narguant. Ne trouvant plus ses mots, elle cherche autour d'elle un appui. Bondissant sur sa victime il la plaque au sol.
Cette fois, Brigitte est au bord de l'évanouissement. Tout tourne et se confond dans son esprit, plus rien n'est cohérent. Ne se contrôlant plus du tout, il commence à frapper Brigitte très durement au visage. Le choc est rude et sanguinaire. Aveuglé par la haine, envoûté par une force satanique, il frappe et cogne encore et toujours plus fort. En pleurant les larmes de son corps, il injurie sa victime en lui reprochant de l'avoir lâchement déshonoré. Du simple évanouissement, elle passe en coma profond. Inerte et tuméfiée, elle agonise. La bête redevient temporairement un humain et constate avec effroi, l'horreur de son forfait. L'assassin est tellement enragé, qu'il se mord les lèvres en portant les coups sur sa victime. Après quoi, toujours sous l'emprise de sa folie, il s'en prend aux vêtements et aux affaires de Brigitte. Repus et fatigué, il s'assied sur le capot de sa voiture et fume une cigarette en contemplant son trophée.
Chacun soutient Willy du mieux qu'il peut. En dépit de la réticence des policiers présents, Willy insiste pour en savoir davantage. Personne, fort heureusement, ne fait la plus petite allusion à une aventure concernant Brigitte. Les gendarmes d'un côté, Willy et ses amis de l'autre, les deux groupes essaient de clarifier la situation. Voilà maintenant plus de cinq heures que Brigitte aurait du rentrer. Cinq heures d'angoisse et de questions, auxquelles nul ne peut répondre. La gendarmerie ne pouvant pas intervenir officiellement, Willy fait appel à ses amis pour ratisser les côtes en bateaux. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, aucune parcelle ne sera négligée.
En plus des recherches maritimes, trois équipes terrestres vont au même moment passer les zones désertiques au peigne fin. Aucune hypothèse ne peut être écartée au premier abord. La solidarité étincelle de tous ses feux. En quelques minutes, tout est prêt. Sans transition il passe des larmes de nostalgie en rêvant à sa petite Brigitte, devenant alors apathique et solitaire, aux moments euphoriques et enthousiastes. Pour qu'ils soient reliés en permanence avec le poste de commandement. Le nom de code de cette opération nocturne est touchant et révélateur : "Bibiche" ! C'est le sobriquet de Brigitte, amoureusement et spontanément choisi par Willy. Pourquoi vouloir la surnommer ainsi ? Personne ne se pose la question. Sans doute en référence à la douceur de ses yeux de biche ? Quoi qu'il en soit, l'heure est venue d'entrer en action. Inlassablement, tandis que les maris se métamorphosent en détectives, les épouses préparent des litres et des litres de boissons chaudes.
Sous des apparences fortes, bien des femmes sont inversement très faibles et vulnérables. Après le départ de la police et de la gendarmerie, Willy n'écoute que son cœur. Des Hôpitaux des grandes villes, de Dakar à St-Louis, en passant par toutes les pharmacies et dispensaires médicaux, tout est passé en revue. Les présentations sommaires se limitent au minimum. Chaque recoin terrestre et maritime déjà visité, est méticuleusement repéré et commenté. La fatigue fait place à l'angoisse, qui à son tour se transforme en panique. Fatigués, burinés par cette nuit d'efforts et de lutte, ses amis en font autant.
Plus dévouée que jamais, Julie entoure son "petit Willy" d'une affection sans limite. Bien que personne au sein de l'équipe ne croit vraiment en cette ultime tentative, rien n'est fait pour ternir la lueur d'espoir qui illumine le cœur de Willy. En un temps record, la caravane est prête. Immédiatement, Willy se précipite à l'encontre des inspecteurs, le cœur presque arrêté. Les horaires de son entretien avec Brigitte et surtout, la fin de celui-ci. Reste à déterminer son emploi du temps, entre la fin de son entretien et sa disparition.
Brigitte était-elle souriante et joviale, au cours de son rendez-vous ? Au contraire, était-elle crispée et angoissée ? Pour les policiers le P.D.G. devient un témoin capital, pour ne pas dire suspect. Aux yeux de Willy, il se transforme en ange providentiel ! Les divergences de point de vue et d'appréciation sont donc antagonistes. En dépit d'une circulation très dense, policiers en tête, les trois voitures se rapprochent du but. Pour Willy, en plus des indications qui seront fournies par le directeur, l'appel aux témoignages visuels revêt la plus grande importance. L'entretien avec le chef d'entreprise est des plus chaleureux et très convivial. Guère productif d'éléments nouveaux, mais générateurs d'enthousiasme pour Willy.
Photo à la main, ils se promènent et interrogent un à un tous les propriétaires d'étales et commerces. Oui mais voilà, aucun d'entre eux n'est en mesure d'apporter le moindre élément crédible ! De réponses farfelues en questions insensées, les badauds se perdent en fantasmes. Rien de tel qu'un bon whisky et une cigarette, pour apaiser les tensions accumulées et prendre le temps de souffler un peu. Plus décidé encore, la rage et l'amour étant plus forte que tout, Willy repart à l'assaut de son enquête grand public. La taille, la couleur des cheveux, de son sac et de son attaché-case... Accompagnés par les gendarmes, Willy et ses amis suivent le marchand en direction de la ruelle indiquée. Plus ils s'en approchent plus la gorge de Willy se serre.
Les grands esprits se rencontrent. Guidé par son instinct, Willy privilégie son idée première et décide de faire route en direction de St-Louis via les Almadies. Enlèvement, voie de faits, les mobiles ne manquent pas ! Ce n'est pas ce qui réconforte Willy, mais il se sent moins seul dans cette aventure rocambolesque. Tout en donnant l'impression de ne pas perdre courage, il essaie de se persuader progressivement du pire. De plus en plus lointain et absent, il ne construit plus ses phrases qu'avec des petites onomatopées. En dépit de la diffusion du portrait de Brigitte dans les journaux et à la télé, la police en est toujours au même point.
Pour étayer cette hypothèse, ils s'en tiennent aux faits. Les compagnies maritimes elles aussi, en infirmant le départ de la jeune femme, confortent l'éventualité de sa présence au Sénégal. Que peut-elle faire de plus ? Après cinq jours, les barrages ne serviraient à rien ; tout comme les contrôles douaniers ! Effondré, épuisé et écœuré tout en même temps, Willy se perd de plus en plus dans les profondeurs de son chagrin. Les yeux gonflés de larmes, il contemple la photo de sa divine Brigitte, qu'il a de plus en plus de mal à croire en vie. A court d'idée autant que d'énergie, il s'épuise et s'acharne à conserver son amour intact.
En quelques jours, il a maigri d'une manière affolante. Plus rien ne l'intéresse. Rien ne doit être laissé au hasard. Car pour eux, le hasard n’a pas sa place. A bout de forces, Willy pour sa part est au lit. La solidarité jouant pleinement, l'entreprise de Willy poursuit son activité. C'est la pleine saison touristique et pour rien au monde, les amateurs ne doivent être laissés pour compte. Le message qui est en train de parvenir, en est une parfaite illustration. Alors que tous les amis entourent Willy d'une amitié et d'un amour sans pareil, le son d'un tam-tam attire leur attention.
Quoi de plus banal qu'un son mystique de tam-tam ? Sans doute. Willy a bien reçu le message et lentement, se redresse sur son lit. Immédiatement, recouvrant une partie de ses forces, Willy sort de son lit et se précipite vers la fenêtre de son chalet. Éloi explique succinctement au musicien le but de sa présence. Aucune objection bien au contraire. En quelques minutes, tout est prêt. Willy n'est pas le genre d'homme à s'apitoyer sur son sort, et admet encore moins que ses amis en soient affectés. En même temps qu'une porte fermée sur l'amour.
Plus les minutes passent, plus il retrouve son dynamisme et son enthousiasme. Cette petite méditation terminée, Willy rejoint ses amis qui l'attendaient aux pieds du chalet. Les nouvelles vibrations qui lui procurent les sensations de bien-être en ce moment, l'abandonneront-elles une fois de plus ? Il préfère ne pas se poser de question. Le cœur empli d'espoir et le sourire aux lèvres, Willy salue au passage Julie et les serveurs. Avant de disparaître pour la énième fois à la poursuite de son amour.
Si à la Voile d'Or personne ne croît à cette éventualité, nul ne se hasarde à critiquer ou faire le moindre commentaire. Si en Occident, parler d'amour est synonyme le plus souvent de mensonge et d'hypocrisie, voire d'intérêts, au Sénégal on ne plaisante pas avec la foi. Tout dans le comportement de Willy atteste de sa sincérité autant que de la pureté de son amour pour la Princesse. C'est pour cette raison que les marabouts, prêtres et autres représentants de Dieu, ont tout mis en œuvre pour le seconder dans son calvaire. Puisque son âme est pure, son cœur l'est aussi. Rien ne manque en ustensiles pour le cérémonial ; bougies, encens, offrandes, tout est là pour implorer la grâce du Tout-Puissant. Est-ce que cette communion et cette volonté d'aboutir, développées autour de Brigitte et Willy, seront bénéfiques et suffisantes ?
Poursuivant leur route, Willy et ses amis s'enfoncent au plus profond qu'ils peuvent dans la brousse. La partie est trop importante, pour la voir tourner en plaisanterie. Les échos des tam-tam, risqueraient bien de se transformer en amalgame, sans cet excès de précautions. Qui oserait les blâmer ? D'autant qu'en plus, ils sont heureux et fiers de se proposer pour aider dans les recherches. Pendant de longues minutes, le crépitement des sons transperce l'atmosphère, ce qui ne fait qu'alourdir l'émotion. Juché sur son arbre, le joueur sénégalais ne bronche pas. Nerveusement, Willy allume une cigarette et se cale contre un véhicule. Personne ne dit rien. Plus les minutes passent, plus l'espoir s'amenuise. Toutefois ils ne renoncent pas. Silencieux et recueillis dans une même prière, Willy et ses amis parcourent encore une bonne dizaine de kilomètres. Raison de plus pour renouveler la première tentative. Est-ce que cette fois, Dieu donnera son feu vert ?
Fall avait raison ! Un amour né à Gorée, ne se brise jamais. En moins de deux jours, Brigitte a été localisée et rapatriée sur Dakar. Le plus grave pour Willy, c'est le choc psychologique pour sa dulcinée. Au-delà des multiples blessures, qui avec le temps disparaîtront, il en est une qui restera à jamais et là, c'est irréversible. Seul Willy est au courant pour le moment, les médecins jugeant plus prudent de ne pas le communiquer à leur patiente. Une autre épreuve et non des moindres, reste à traverser par Willy. Parviendra-t-il à maîtriser ses pulsions et ne pas chercher à coincer l'assassin ? Aux dires des inspecteurs, mieux vaudrait que ses amis le surveillent de près. Si d'aventure, il venait à mettre la main sur le monstre, ils ne donneraient pas chère de sa peau ! Le plus important, est qu'il reprenne confiance en lui en arrêtant de se culpabiliser.
Avec beaucoup de douceur et de persévérance, Julie parvient à son but. Ce petit retour en arrière pour la serveuse et son ancien amant, ne va-t-il pas compromettre l'équilibre de l'amour entre Brigitte et Willy ? La question ne se pose même pas. Un petit coup de fil au commissariat et dans moins d'une heure, l'excursion pourra être mise en œuvre. Willy a repris ses sorties de pêches et la Voile d'Or retrouve lentement sa quiétude habituelle.
L’entretien est enveloppé de son aura d’amitié. Dès cette minute, il va placer deux hommes en faction jour et nuit. Six semaines après l'admission de Brigitte, il est au meilleur de sa condition. En dépit des sacrifices imposés par une situation financière précaire, il entoure Brigitte d'une prévenance on ne peut plus romantique. Deux ou trois fois par semaine, il lui envoie des fleurs, en même temps que des petits bibelots. Il accepte de ne pas la rencontrer, tant qu'elle juge son physique indécent. Bien avant le lever du soleil, il est sur son bateau. Est-il en proie à quelque pensée d'esprit de l'au-delà ? Toujours est-il qu'il nettoie son yacht de fond en comble.
Autour du petit déjeuner, l'ambiance est au zénith. Les plaisanteries, taquineries, et autres mises en boîte vont bon train. En tartinant une de ses tranches de pain, il ne peut s'empêcher de revoir sa Brigitte en train de beurrer ses mêmes tartines, voilà bientôt trois mois. Il n'en fallait pas plus, pour qu'il s'isole aussitôt dans ses pensées nébuleuses. Soudain, le téléphone retentit et Julie ne tarde pas à justifier la nature électrique de Willy. Là, plus rien ne compte. D'un bond, il se retrouve hors de sa chaise. Chacun retient son souffle. Si l'on en croit les onomatopées qui se succèdent dans la bouche de Willy, il ne peut s'agir que d'une bonne nouvelle. Très vite, Julie et les clients sont fixés. A en juger l'explosion de joie qu'il manifeste, il ne tardera pas à apporter quelques changements dans son programme.
Il ne tient plus en place. Filant à la vitesse du son, il quitte le bar pour se rendre dans son appartement. Tout de même ! En quelques minutes, la chambre est enfin revêtue de son aspect doux et accueillant. Il est pris de court et ne peut pas organiser la réception comme il l'aurait souhaité, mais en deux temps trois mouvements, il improvise une agréable décoration en l'honneur de sa Brigitte. En fumant tranquillement sa cigarette, il apprécie comme il convient cette métamorphose. Rasé de près, parfumé et pomponné, il saute dans sa voiture et se dirige comme un fou vers l'hôpital. Willy reste paralysé en fixant la porte. Au passage, il a une pensée émue pour son ami Laobé. Brigitte confie sa béquille à l'un des gardes et tend ses bras tremblants vers Willy.
Cette fois, tout se dérobe autour d'eux. Maîtrisant du mieux qu'il peut sa fougue, Willy s'approche de sa belle sur la pointe des pieds. Plus que quelques petits centimètres. Plus belle encore malgré de vilaines cicatrices, Brigitte a bien du mal à garder son équilibre. Mêlant leurs larmes de bonheur, Brigitte et Willy n'en finissent pas de s'embrasser. Jamais, personne ne pourra se lasser de spectacles aussi purs et sincères. Brigitte est encore pour plusieurs mois à l'assurance. La pêche n'a plus de secret pour elle. L'incident s'estompe et ne laisse visiblement aucune trace, en dehors des dernières cicatrices que seul Willy peut encore voir.
Que ce soit à terre où au cours des balades en mer, le couple est rayonnant. Projets imminents ? Rien ne filtre en dépit des questions pièges tendues par Julie. De plus en plus prudents et attentifs aux allers et venues autour d'eux, ils en deviennent encore plus attachants. En tendant bien l'oreille, on peut entendre murmurer des projets bien arrêtés et mûrement réfléchis. Au fond, Brigitte n'a plus besoin de travailler pour un patron ? Certes, la pêche n'est pas ce qu'il y a de plus lucratif. Pour une personne, passe encore. Le pays ne s'y prête guère non plus. C'est donc autour du tourisme, que Willy essaie de convaincre sa future épouse. L'homme enfant se confesse et ses larmes de bonheur sont là pour étayer ses propos.
A-t-elle prévu de quitter le Sénégal, pour ne pas réagir à cette spéculation de Willy ? C'est en tout cas, ce à quoi il songe de plus en plus. Ni ses projets, ni ses propositions, ne semblent recueillir le moindre enthousiasme. Au fil des minutes, il se transforme en loque humaine, incapable de réagir. Elle est devenue son véritable oxygène. Willy ne cherche plus à contenir son chagrin. La crainte et la peur s'effacent au profit d'un bonheur inouï. En guise de refus, Brigitte voulait simplement s'assurer du bien fondé des propos tenus par son futur mari. Un flot de larmes scintillantes, ponctué de frissonnements caractéristiques du menton, se déverse en trombe. Pour Brigitte, le moment est venu d'aller au bout de ses pensées. Pour Brigitte par contre, soudain plus grave, un projet beaucoup plus pondéré lui traverse l'esprit. Délicatement, Willy pose sa tête sur les cuisses de sa douce compagne, tel un enfant à la recherche d'une caresse. Willy entoure la taille de Brigitte et cale sa tête sur son ventre.
Willy se relève et sans lâcher les mains de Brigitte, vient se replacer en face d'elle. En quelques petites secondes, il se repasse le film de leur première rencontre. Célibataire endurci, il ne voulait plus entendre parler de mariage. Les balades, les fougueux baisers, tout défile en une poignée de secondes dans sa tête. La réalité est encore plus belle et mérite une attention particulière. Sans trop se livrer, Willy abonde dans le sens de sa fiancée. Le pauvre ne sait plus très bien où il en est. L'annonce de leur mariage, ses projets, tout se mélange en créant un climat fantastique. Il remet un peu d'ordre dans cet imbroglio d'esquisses, tout en essayant de présenter son plan avec lucidité et objectivité. Pour gagner du temps et remettre ses idées au clair, il allume une cigarette pour Brigitte tout d'abord, et la sienne ensuite. Assez tourné autour du pot ! Retrouvant son dynamisme, il se lance dans les explications très imagées et largement soutenues pas des gestes adéquats.
Bercée par l'engouement de Willy, Brigitte ne peut qu'émettre un avis favorable. Il vient de vivre avec une telle intensité ses propos, qu'elle ne se sent pas le courage de lui enlever son euphorie. Ne perdant pas ses bonnes manières, galant et prévenant, il veut tout de même offrir à Brigitte la possibilité d'exposer son idée. Que ne ferait pas Willy pour accéder aux désirs de sa chérie ? Elle veut des vrais frissons ? Il se sent poussé des ailes à ce propos. Heureusement que le repas est terminé ! Poussant son assiette, écartant tout ce qui le gêne, Willy prépare sa table à dessin. Les nappes en papier se transforment en écritoire, sur lequel il élabore avec une précision remarquable ce qui jusqu'ici était latent dans son esprit.
Brigitte est fascinée et subjuguée de voir avec quelle minutie Willy compose et peaufine ses plans. Au fur et à mesure qu'il progresse dans son dessin, Brigitte en voit aussitôt la projection sur le site. Il visualise tellement ce qu'il imagine, que ses schémas deviennent vivants. La carte géographique du Sénégal, miniaturisée pour la circonstance, prend forme à son tour. En quelques minutes, sous les regards intrigués des serveurs, le couple s'envole et atterrit au gré des croquis. Tout est cohérent et dépourvu d'utopie. Encore fallait-il qu'il se sente en sécurité, accompagné et protégé. Rien ni personne ne saurait entamer l'enthousiasme de Willy. Rien de tel pour valoriser une région, que d'implanter des lotissements et des commerces. Brigitte continue de rêvasser, en écoutant son futur mari donner vie à son fantasme. Intriguée et fascinée en même temps, elle essaie d'en savoir plus.
Willy est tellement euphorique et Julie experte pour tirer les vers du nez, qu'il vaut mieux se montrer prudent ! Willy ne s'en plaint pas loin de là, et apprécie comme il convient cette thérapie. Julie se sent un peu gênée et préfère se retirer discrètement. Il est certain à ses yeux, en examinant les gribouillis de Willy, que ses amis arrivent à un tournant décisif. Plus Willy déploie sa passion pour la balade qu’ils ont prévue, plus Brigitte s’enlise dans les sables mouvants du délire. Est-ce qu’elle va pouvoir exaucer son rêve aujourd’hui ? Hélas, la logique de Willy est imparable. De plus, l’accès au site en question par la mer est impossible.
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