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RAPPEL : Pour des raisons dictées par la prudence, les manuscrits sont présentés sous forme de chapitres sélectionnés ou de synthèses, effectuées par Word. L'ensemble, ne représente environ que le quart du roman complet. Ceci peut donc occasionner une incompréhension au niveau de la lecture. Car d'un paragraphe à l'autre, le vide peut représenter souvent plusieurs pages !

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Introduction :
Le hasard, n'existe pas. Que l'on croit en Dieu ou non, il faut admettre que rien sur cette terre, n'est le fruit de la simple coïncidence. Ce que chacun de nous, un peu trop facilement, a tendance à considérer comme le " hasard ", n'est que l'éclatement de la destinée. Notre chemin de vie nous entraîne souvent sur des chemins rocailleux. Nous nous faisons mal, nous nous insurgeons, sans chercher à comprendre. Quand cela nous arrange, le hasard fait bien les choses. Quand tout va de travers, là, nous nous en prenons à tout et à tous, en commençant par Dieu. Puis enfin le jour arrive où, quittant les sentiers battus d'une vie stéréotypée, nous ouvrons grands les yeux. Tout devient limpide et compréhensible. Nous admettons ce qui jusqu'ici, nous apparaissait utopique.
Notre hérédité, c'est nous-mêmes qui nous la transmettons, au gré de nos incarnations successives. En arrivant sur terre, nous ignorons notre destin. Nous ne savons pas non plus que notre subconscient, contient l'intégralité de ce qu'il nous appartient d'épurer ou plus simplement de comprendre. Autant que notre corps renferme la quantité d'énergie nécessaire pour accomplir notre mission. Tout est programmé, décidé, prévu par le Tout-Puissant. Il nous faut donc le sentir, l'analyser et le subir, avant de l'admettre. Ce dernier fardeau levé, et à ce moment-là seulement, il est possible de parler d'harmonie. La vie, offre à cet instant, toutes ses lettres de noblesse.
C'est le début de la sagesse ; amour, tolérance, pardon, partage, remplacent avantageusement l'égoïsme, le doute, la rancune et la médiocrité. Mon histoire, peut être celle de beaucoup de gens. Je la raconte avec amour. Authentique, elle est avant tout un témoignage. Du premier mot à l’ultime scène, tout est vrai. Désolé si d’aventure, quelques faits énoncés, peuvent choquer. Elle est dévoilée, non par goût de la provocation, mais avec l'absolu désir d'approfondir et éclaircir par ce biais, une partie de la mission dont je suis investi.
Pour mon épouse et moi, après notre première rencontre, l'aventure a débuté en dents de scie. Nul ne peut contrer la volonté divine. Même si j'avais voulu baisser les bras et renoncer, Dieu m'aurait fait comprendre, à sa façon, que nul n'échappe à son destin. Sans m'en rendre compte, je me suis accroché, en dépit de l'adversité. Après avoir connu ma petite Françoise à une soirée, j'ai déliré en attendant la rencontre suivante, et lutté pour ne pas faiblir. D'étape en étape, j'ai progressivement pris conscience de la valeur et de l'impact de la foi. Sans elle, nous ne parvenons à rien.
Ma foi est profonde, mais je ne suis pas " accro " au point de devenir fanatique. Dieu est mon ami, mon guide, et ne sera jamais là pour m'enlever ma personnalité, ni faire de moi son esclave. Le Tout-Puissant a établi, déontologiquement parlant, une règle de conduite. A nous de l'accepter ou de la réfuter, sans avoir besoin du support des doctrines erronées, édictées par les pourvoyeurs de l'hypocrisie. Il est plus facile de parler d'amour et d'égalité, voire d'équité, pour être sûr de plaire, qu'agir dans l'ombre de l'humilité pour aider son prochain. L'efficacité, à tous niveaux, ne rime pas avec excentricité ; encore moins avec popularité !
**********
A l'instar de tous les gamins ou presque, dès que j'ai atteint la puberté, je me sentais pousser des ailes. Comme tous les autres, à défaut de volonté personnelle, je voulais connaître l'aventure. Grisé par les récits, attisés par mon imagination, je pensais qu'en fuyant le domicile paternel j'allais connaître un univers douillet. Si à l'époque, la majorité était à vingt et un ans, à peine sorti de l’œuf je me croyais un homme. Je n'avais pas encore dix-huit ans, et prenais sur moi de prouver au monde entier que j'étais quelqu'un de bien.
***
Après avoir devancé l'appel, j'embarquais à bord d'un pétrolier de la " Royale ". A Tahiti, dépaysement oblige, j'effectuais mon apprentissage sur l'âpreté de la vie. Tout ce qui jusqu'ici me paraissait dérisoire, en ces quelques mois de galère, a eu raison de moi. Je ne voulais pas capituler. Orgueilleux avant tout, je n'ai jamais voulu donner l'impression de céder.
***
Sans même avoir le temps de comprendre ce qui se passait, je devenais papa ! De part les sacro-saintes lois des principes, imposées par l'église, pour réparer la faute il me fallait épouser celle que le destin avait placée sur ma route. Voilà comment, à peine sorti des couches culottes, je devenais à mon tour un " monsieur ".
***
Sapeur-pompier de mon état, je côtoyais chaque jour ou presque les antipodes de l'humanité. Bons et méchants, riches ou pauvres, beaux ou laids, tout le monde était réduit au même rang sitôt que le malheur s'abattait sur eux.
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Ma fille, mon métier... Mon métier, ma fille... Rien ni personne, n'avait le droit de s'intercaler entre ces deux pôles majeurs. Je pensais avoir mon équilibre. A tort ou à raison, je ne voulais rien d'autre. Un flirt de temps en temps, histoire de conserver une apparence d'homme, et rien de plus.
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Pour la seconde fois, devant le maire uniquement, j'épousais la " maman " adoptive de mon enfant. Plus par charité que par amour c'est vrai. J'étais naïf, encore enfant, la famille s'agrandissait. Jeune et belle, ma seconde épouse était sans cesse l'objet des controverses les plus cinglantes. Malgré le peu d'années qui nous séparaient, tout dans son comportement, mettait en exergue une absence évidente de maturité.
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Hélas, les tensions se transformaient en règlement de compte. Les belles-familles étaient, à des kilomètres de distance, l’épicentre de complots en tous genres. Nous, nous étions au milieu. Qui croire en ces cas-là ? Sa femme, ses parents ou ses beaux-parents ? Les enfants étaient bien trop jeunes pour donner leur avis. Tour à tour boucliers, objets de chantages, ils ont traversé une période assez mouvementée. Pour fuir la mésentente, occultant les tensions, je m'investissais alors dans le sport à outrance : karaté, spéléo, cyclisme etc. Avec, de surcroît, une intense activité artistique.
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Je ne réalisais pas hélas, qu'en m'enfermant dans mon univers, je tournais le dos aux réalités. Je démissionnais, capitulais, éludant de mes pensées mes devoirs d'époux et de papa. Après quatre années de mariage seulement, il était déjà question de divorce.
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Plus je m'éloignais évidemment, plus ma femme avait la vie belle. L'argent, les amants, tout filait entre ses mains. Etait-ce bien de sa faute ? A l'époque, influencé par ma mère il est vrai, je le croyais dur comme fer. Pour tenter de sauver notre couple, préservant avant tout les enfants, je décidais d'ouvrir un petit commerce de photos.
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Devant le juge, le jour de la réconciliation, je comprenais ce qui venait de se passer. En quelques heures, tout basculait dans le néant le plus complet. Après dix ans ou presque, une nouvelle rupture me propulsait dans les ténèbres de la désolation.
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Plus les gens cherchaient à me guider, à m'accompagner dans la traversée de mon désert, plus je me renfermais dans ma coquille. Je passais après ma fille, et négligeais ma propre existence. J'avais à cœur de rattraper le temps perdu. Si je m'étais comporté d'une manière moins égoïste, nous aurions peut-être échappé à ce drame. Ce message, était parfaitement clair. Il fallait à tout prix que je prenne enfin conscience de mes responsabilités. Les conseilleurs n'étant pas les payeurs, même s'agissant des parents, je réalisais un peu tard tout de même à quel point j'avais été stupide. Le mal était fait.
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Ponctuellement, des images me traversaient l'esprit. Je voyais mes chérubins en rêve ? Le lendemain, un événement les impliquant se déroulait. Jamais de la vie, je n'ai songé durant ces moments-là, à rien d'autre qu'un banal concours de circonstance, au hasard ! Les messages étaient clairs, mais mon esprit beaucoup trop embué pour pouvoir les décoder.
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Je n'étais pas épargné, ni par la misère ni par la souffrance, mais je m'insurgeais davantage sur le sort des plus démunis. Sensibilisé jusqu'au plus profond de mon être, je découvrais l'altruisme. Pierre par pierre, Le Tout-Puissant bâtissait mon édifice. Il me fallait tout connaître de la vie, avant de pouvoir intervenir pour soulager la souffrance, comme je le fais depuis.
***
Hélas, Dieu ne l'entendait pas de cette oreille. Loin de m'accorder sa grâce et sa clémence, il m'infligeait au contraire une épreuve exceptionnellement cuisante. Déchiré dans ma chair, j'ai pu prendre contact avec la méditation. Cloué sur mon lit d'hôpital, pour la première fois de ma vie, je prenais le temps de faire le bilan de mon existence. J'étais toujours aussi ignorant des messages du Tout-Puissant, mais j'admets humblement que là, Il marquait des points.
***
De temps en temps, je feuilletais subrepticement quelques revues ésotériques, dans des librairies spécialisées. En me demandant sitôt après, ce que je pouvais bien venir chercher dans ce monde hermétique et farfelu. C'est bien connu, quand on ne connaît pas, on dénigre ! ... Quelle était cette force mystérieuse, qui me conduisait régulièrement vers ces lieux totalement étrangers ?
***
Errant comme un malandrin, je fuyais devant mon ombre. Violent, agressif, j'en voulais à la terre entière. Comment, avec un tel état d'esprit, aurais-je pu séduire une hypothétique princesse ? Je ne voyais plus en chaque femme que je rencontrais, que le spectre de celle qui m'avait meurtri.
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Dieu me guidait alors, vers une autre compagne. Paumée autant que moi, elle aussi avec un enfant, nous avons fait bout de chemin qui a duré presque trois ans. L'enfant était de père inconnu. En lui donnant mon nom, et ma reconnaissance, j'éprouvais un légitime sentiment de fierté.
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Pendant de longs mois, gourmand de tout ce qui pouvait me fasciner, j'examinais, écoutais les moindres vibrations. Je voyais bien que la réceptivité évoluait en moi. J'étais incapable d'en expliquer la moindre perception. L'altruisme, la dévotion, devenaient une seconde peau. L'étau se resserrait. Je ciblais lentement mes pôles d'intérêt. De toute évidence, c'était l'aspect humain et relationnel qui prédominait dans mes choix quotidiens.
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Tout défilait dans mon esprit, mieux que sur un écran panoramique. Adieu parents, enfants, amis. Pour moi, l'heure du jugement dernier venait de sonner. Quelques instants plus tard, aspiré dans une fabuleuse colonne blanche, je distinguais à travers ce brouillard mon corps sur le lit. Etait-ce réellement la fin ? Il faut croire que non, sinon je ne serais pas là aujourd'hui, en train de narrer ces instants vraiment extraordinaires.
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A la suite de ce mini-voyage astral, tout devenait différent. J'étais toujours dans l'incapacité de formuler quoi que ce soit, pour dire ce que j'éprouvais, mais l'aura qui m'entourait me rendait plus réservé. La violence, s'estompait à son tour graduellement. Je n'étais pas un saint, loin s'en fallait, mais tout de même ! L'important je pense, était que je prenne conscience de ce climat nouveau dans lequel je devais évoluer.
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La fin de l'année quatre-vingt-six, était marquée essentiellement par le terme de la vie commune avec mon amie. Durant ces trois années ou presque à ses côtés, j'avais appris beaucoup. Au fond, c'est en tout cas l'analyse que j'en fais aujourd'hui, elle aussi, aura été placée sur ma route pour me permettre d'accéder à l'étape suivante. Je m'étais imbibé de l'amour de mon prochain, en même temps que je prenais conscience des lacunes de l'humanité. Qu'allait-il m'arriver ?
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J'étais focalisé, pour ne pas dire tétanisé, sur cette force mystérieuse qui de plus en plus m'envoûtait. Je reprenais le chemin de la scène, ce qui m'aidait à survivre. Pour ne pas usurper la valeur des messages que je transmettais avec mes poèmes, je faisais le pitre.
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A l'issue de cette soirée, je révisais mes théories ! Au cours du bal en effet, après le spectacle, je faisais la connaissance d'un artiste peintre. D'emblée, ce qui me choquait était sa manière assez personnelle de parler du Tout-Puissant. Pour la première fois, quelqu'un me parlait de Lui, autrement qu'un justicier. Je sentais tout l'amour et l'authenticité de la foi de mon interlocuteur. Les larmes au fond des yeux, le cœur sur la main, il me présentait Le Tout-Puissant comme un ami, un " pote " ! Les idéologies, les dogmes, les doctrines... Toutes ces inepties s'effondraient les unes après les autres.
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Restait à identifier ce que mon ami qualifiait de mission. Je ne voyais vraiment pas dans quelle direction orienter mes recherches. Voilà dans quel état d'esprit, je me suis rendu dans le havre de paix de mon complice. Durant tout le trajet je n'ai plus pensé à rien d'autre qu'à lui et à son charisme exceptionnel.
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L'atmosphère de cet endroit aux senteurs divines, de part les toiles d'une part, mais surtout la personnalité de son locataire, me pénétrait jusqu'au fond de mes entrailles. C'était alors l'apothéose. Après m'avoir fait asseoir sur une chaise, il dévoilait avec majesté son dernier chef-d’œuvre. Les minutes qui ont suivi, seront éternellement présentes dans mon âme. Pour rien au monde, je ne voudrais les effacer de mon subconscient. Hypnotisé par la profondeur de ce regard d'un bleu saphir, scintillant des mille feux de l'amour, je me laissais emporter dans un tourbillon féerique.
Le brouhaha ambiant s'estompait rapidement, au profit d'un silence absolu, dans mon esprit uniquement bien entendu. Je me séparais sans le vouloir du présent. Le tableau était soudain, comme enveloppé par un léger brouillard d'un blanc aussi pur qu'éclatant. Je ne pouvais plus rien voir d'autre, que l'immensité du message contenu dans ce regard merveilleux. Plus question pour moi, de tenter quoi que ce soit pour quitter cet univers envoûtant. Plus je fixais les yeux du portrait, plus je sentais la chaleur m'envahir. Très vite, je m'isolais totalement du reste du groupe.
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La communication avec le Tout-Puissant, était établie par l'intermédiaire de ce tableau. Je ne le savais pas encore à ce moment. Je me laissais envahir de cette douce volupté, qui me parcourait le corps tout entier. L'échange était tellement puissant, que j'ai pu voir des larmes s'écouler des yeux de plus en plus brillants du portrait. Mirage, illusion ?
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Un peu plus tard, je rejoignais le groupe, qui se promenait dans les allées du parc. Je n'étais pas parvenu jusqu'à eux quand soudain, une violente migraine me clouait sur place. Jamais de ma vie, je n'avais souffert de cette façon. Plus j'avançais, plus la douleur augmentait. Je sentais mon œil gauche se fermer lentement, puis laisser échapper un flot ininterrompu de larmes. Les derniers pas devenaient un véritable calvaire. Je me sentais lourd, comme attiré fermement par la terre. Tout se mettait à tourner autour de moi. Le mal empirait toujours. Terrassé par ce mal de tête infernal, je perdais l'équilibre et m'effondrais lourdement.
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Entre deux spasmes vaporeux, je tentais une nouvelle fois de quitter cette fâcheuse posture. Je sentais mes jambes et mes bras comme vidés de toute énergie. J’avais l’impression de fournir des efforts surhumains. Hélas, j’échouais dans chaque tentative. Le nez dans la poussière, je voulais renoncer.
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Tant bien que mal, soutenu par mes amis, je regagnais ma chaise dans l'atelier. Seul de nouveau, face à mon destin, je fixais du mieux que je pouvais au travers d'un écran de larmes, le portrait de mon ami. J'avais des nausées, je transpirais, je grelottais en même temps. La peur, le trac, l'angoisse et la fascination, tout était là pour créer un climat vraiment cauchemardesque. Si pour l'artiste le dialogue était simple, je ne voyais pas comment, j'allais pouvoir m'y prendre. La seule chose dont j'étais conscient durant ce laps de temps, c'était que quelque chose de puissant était en train de se passer. Dominant du mieux que je pouvais mes craintes et ma douleur, j'essayais de fixer les yeux sur le tableau.
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Ma tête avait du mal à rester en équilibre. Je devais forcer pour la garder verticale. Je ne distinguais que vaguement la toile. Dur dans ces conditions, de fixer les yeux. Néanmoins, au prix d'un effort surhumain, j'établissais une fois encore le contact. Le même scénario se produisait. Le halo de brouillard blanc, les yeux qui scintillaient, les larmes qui s'en échappaient. Je restais d'abord muet, avant de murmurer en balbutiant comme un enfant, mes premiers mots envers Dieu. Je me sentais presque ridicule. J'avais honte. Les miracles, je n'y croyais pas plus que ça. Si c'était vrai ce que venait d'affirmer l'auteur du tableau ? Il fallait à tout prix que je dépasse mes préjugés. Oubliant mes tabous, j'engageais alors de manière plus authentique, le dialogue avec Le Tout-Puissant.
***
Timidement tout d'abord, puis avec plus de conviction, je Lui demandais avant tout de supprimer ma migraine. J'avais besoin de sentir cette présence, jusqu'ici imaginaire à mes yeux. C'était alors le miracle. A peine avais-je terminé ma phrase, que je sentais la migraine disparaître, s'évanouir. Dès cette seconde, je sentais mon esprit se mobiliser autour de cette force divine. Plus librement, je me confiais au Tout-Puissant. Je faisais une sorte de rétrospective de ces vingt années écoulées. Étape par étape, je retraçais mon chemin de vie, essayant de justifier la valeur des messages que je comprenais enfin. Vingt ans, pour découvrir Dieu. Vingt ans, pour engager le dialogue et apprivoiser cette peur viscérale qui tétanisait mon corps. Vingt ans enfin, pour quitter les sentiers battus des idéologies préconçues, qui m'enfermaient dans le carcan des doutes.
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Je pouvais grandeur nature, authentifier toutes les vibrations qui m'avaient parcouru tout entier depuis plus d'une année. Plus ma voix devenait claire et limpide, plus les yeux du portrait vibraient et scintillaient. Libéré de mes tabous, je me sentais léger, à l'aise. J'éprouvais un sentiment merveilleux de bien-être et d'apaisement moral. Vivifié, régénéré, et surtout soulagé physiquement et moralement, je rejoignais de nouveau le groupe.
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Ce douze juillet quatre-vingt-sept, le jour de mes trente-huit ans, était désormais sacré pour moi. Durant toute la journée, je n'étais plus présent. Mon corps jouissait presque solitaire, des bienfaits du bonheur qui émanait de l'hospitalité de mes amis. Mon esprit, lui, était focalisé sur tout ce qui venait de se passer entre Dieu et moi.
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L'attirance pour le confort matériel, devait-elle aussi disparaître. C'était sans doute pour cette raison que jusqu'au mois d'août, nous ne disposions avec ma fille que de deux cents francs pour vivre. Avec une tranche de jambon, coupée en quatre, j'assurais l'indispensable pour elle. Combien de temps allait durer cette situation ? La foi était une amie, la réalité physique bien différente. Privé de tout ou presque en nourriture, je m'épuisais de jour en jour. Mon corps se laissait aller à son tour. Affaibli, je ne pouvais plus faire face. Je m'enlisais progressivement dans les sables mouvants de l'incertitude. Je n'avais pas le droit d'entraîner mon enfant dans le néant de ma détresse. Elle avait besoin de se nourrir correctement, ce que je ne pouvais plus assurer.
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Avec ma nouvelle amie, que j'avais connue lors d'une vacation de surveillance en magasin, la brise de l'amour nous berçait de ses ritournelles. Il n'en fallait pas plus pour envenimer les animosités ambiantes au siège de la société, dont j'étais le permanent. Les tensions devenaient de plus en plus pesantes. Il fallait que j'apprenne à me maîtriser, ce dont je prenais conscience assez vite.
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J’avançais lentement vers mon destin. Ni ma partenaire ni moi-même, nous doutions de ce que nous allions vivre. En l'espace de quelques minutes, j'entrais de manière fulgurante dans le don qu'il m'avait octroyé : le magnétisme ! Avec ma compagne, nous sommes restés étêtés quand soudain ma main droite, en caressant son bas-ventre, a fait exploser un kyste qu'elle avait sur l'ovaire droit. La panique qui suivait, était révélatrice de notre état d'anxiété. Soumise à une véritable décharge électrique, elle a sursauté sur le lit.
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Il m'a fallu attendre le lendemain soir, pour comprendre ce qui c'était passé. Le gynécologue de ma compagne, magnétiseur de son état, lui avait fait part du don qui était le mien. Forts des recommandations qu'il avait données, le soir même nous nous investissions dans l'apprentissage du magnétisme. Elle m'indiquait les emplacements et les positions de mes mains sur son corps, et attendait sagement de ressentir ce que le médecin laissait imaginer.
***
Le premier constat, était de noter que les sensations étaient totalement inverses d’un côté du corps par rapport à l’autre. La polarité du corps influençait ce ressentir. Ensuite, j’entreprenais d’activer les Chakras. Toujours avec ma main droite en imposition, je stationnais au-dessus de chacun d’eux. Le changement de température dans la paume de ma main, traduisait clairement les différents états dans lesquels ils se trouvaient.
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La mission de ma compagne, parvenait à sa fin. Elle avait été placée sur ma route, uniquement pour me permettre de découvrir le don du magnétisme. Je doutais de moi, certes, mais j'étais conscient du chemin que Dieu m'avait fait parcourir jusqu'ici. C'était donc sans trop de douleur, que je quittais mon amie, à la mémoire de qui j'écrivais un poème.
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Un beau soir, sous les traits d'une femme pétillante et électrique, je perdais la maîtrise de moi. Là encore, aujourd'hui seulement, je sais que ce n'était pas le hasard ! Cette bouillonnante intrépide, devait me conduire là, où Dieu m'attendait déjà. Je m'engageais donc éperdument, aux côtés de cette créature aussi intolérante que possessive. J'avais le sentiment de végéter ? Avec elle au moins, très vite, j'ai connu l'action à tous niveaux.
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Peu de temps avant mon anniversaire en quatre-vingt-neuf, je faisais mes adieux à la belle. Je m'installais dans un petit meublé, authentique havre de paix et de tranquillité. Au chômage une fois de plus, après plusieurs tentatives professionnelles, dont le journalisme, je décidais de prendre le temps de souffler un peu. Il devenait urgent à mes yeux de calmer le jeu, et d'essayer d'y voir clair.
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L'harmonie était présente dans mon être. C'était le moment que Dieu avait choisi, pour rallumer la mèche et me pousser à découvrir ce que j'avais survolé. J'achetais mes premiers livres traitant du magnétisme. Jour après jour, je m'imbibais de ses senteurs mystiques, que j'avais du mal à analyser.
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Loin de vouloir " brûler les étapes ", j’acceptais de me livrer aux exercices préliminaires. Ainsi, je pouvais constater par moi-même, et me convaincre de l’authenticité de cette présence extraordinaire. Ressentir le fluide, les variations de température, c’était bien. Voir de mes yeux, sécher (momifier) un morceau de viande après quelques impositions... Là, j’admettais enfin la réalité.
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Point par point, j'analysais mon existence. Pour m'investir dans la pratique du magnétisme, j'admettais enfin de me livrer à une autocritique absolue. Tout, depuis mon adolescence, était noté sur des feuilles de papier. Il fallait à tout prix que je retrouve le fil conducteur de cette première partie de ma vie. J'en arrivais à cette première vision résumant ce que je ressentais : "Connaître son passé, c'est comprendre le présent, pour mieux préparer l'avenir". Durant de longues heures, je tentais d'établir un lien avec les étapes passées. Je passais du coq à l'âne, sans véritablement progresser sur le chemin de la clarté. Seul point positif, et non des moindres, je me rendais compte que progressivement, s'amenuisait en moi l'esprit de vengeance.
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Cette soirée de remise en cause était divinement salutaire. L'envie de pardonner, commençait à frémir au fond de mon cœur. Hélas, j'étais captif de l'image que j'avais créée autour de moi. Je me sentais prisonnier d'un carcan dont il me serait bien difficile de sortir.
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J'ignorais encore les bienfaits de l'humilité et de la modestie. J'étais aux antipodes. Je m'étais tellement enfermé dans ma carapace de victime et de martyre, que je ne réalisais même plus à quel point j'avais pu être indésirable aux yeux de certains. Sans en être conscient, je commençais à mettre en application la théorie selon laquelle on projette sur les autres sa propre image. Durant de très longues minutes, suivant cette ouverture d'esprit, je restais à méditer sur mon passé autant que sur l'avenir.
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La Terre, les Astres, le Cosmos, et leurs contingences d’attractions magnétiques, me faisaient comprendre que rien dans notre galaxie, n’était vraiment indépendant par rapport à l’ensemble. Tout y est étroitement lié, des humains aux objets les plus dérisoires. Une notion embryonnaire d’un " tout " commençait à germer dans mon esprit.
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Au terme de quinze jours d'angoissante incertitude, le téléphone m'apportait le rendez-vous auquel je ne croyais plus. Dès lors, tout en moi se métamorphosait. Il fallait avant toute chose, que je surmonte mes craintes. Je n'avais plus le droit de douter. Je devais également occulter les préjugés. La venue d'une belle et ravissante jeune femme au domicile d'un homme célibataire, à une heure avancée de la journée, étaient mes préoccupations majeures.
***
L'atmosphère, l'ambiance, tout était divin. J'avais un trac inouï. Pourtant, lorsqu'elle s'est dévêtue, je n'ai pas éprouvé le moindre désir physique. Je prenais bonne note de cet état de fait. La séance pouvait commencer. Première étape, lui permettre de se mettre en état de réceptivité totale. Pour ce faire, je lui indiquais comment respirer pour se relaxer : gonfler lentement le ventre, puis la poitrine, avant d’expirer tout aussi calmement, le plus profondément possible. Pendant ce temps, faire le vide et ne penser à rien.
***
Au bout d'une heure, je m'affolais quand même sérieusement. Toujours pas le plus petit signe de retour à la réalité de mon amie. Cette fois, je passais par tous les états de panique. Qu'avais-je bien pu faire de mal ? Pourrait-elle reprendre conscience ? En quelques minutes, tout défilait dans ma tête. Je contemplais mes mains, puis le corps de mon amie, avec une égale inquiétude. J'étais angoissé. J'avais l'impression d'avoir dépassé mes limites. Avec stupeur, je feuilletais mes livres. L'état de repos dans lequel se trouvait ma patiente était-il normal ? Je me morfondais de minute en minute. Terrorisé, à l'idée d'avoir commis une erreur sans doute irréversible, je commençais à imaginer le pire.
***
Cette première séance m'apprenait grandeur nature, ce que j'avais survolé dans les livres. Ne pas se prendre pour un médecin, ne pas outrepasser ses possibilités. Surtout, ne pas perdre de vue que la force et le fluide qui étaient transmis, pouvaient générer des troubles. Transmettre l’énergie que nous recevons, du Cosmos autant que de la Terre et de notre environnement, ne devait pas se faire sans précautions. C'était ce qui me permettait d’authentifier cette position de canal, par lequel les échanges pouvaient avoir lieu. Je ressentais mon rôle d’émetteur récepteur, captant d’un côté et transmettant de l’autre. D’où la conviction de n’être qu’un relais au service du Tout-Puissant.
***
La pureté, l’authenticité de la séance, dépendaient de la noblesse des sentiments que l’on avait décidés de partager. Plus ils sont démunis d’arrière-pensée, et donc d’artifice, plus ils sont générateurs d’un climat propice à une osmose absolue. Donner, c’est aussi recevoir, et je ne dénaturais en rien les bienfaits dont je venais de bénéficier.
***
Beaucoup plus qu'avec les livres, j'apprenais d'une séance sur l'autre, en demandant au Tout-Puissant de se manifester en cas d'erreur. J'avais mis une sorte de code en place et très vite, il s'avérait efficace. Chaque fois que je faisais une application ou une imposition, et que celle-ci n'était pas cohérente, ma main droite se mettait à trembler. Je rectifiais le tir et je pouvais poursuivre. L'omniprésence de Dieu à mes côtés, était fondamentale et sécurisante. Je travaillais autant ma foi que mon magnétisme.
***
Durant de longues semaines, alternant les moments d'euphorie et de déprime, je ressentais l'incidence de ces variations et leurs effets sur mes séances. Quand j'étais bien dans ma peau, le magnétisme coulait entre mes mains comme l’eau vivifiante et pure d’un ruisseau. Sitôt que l'inquiétude, l'angoisse ou plus simplement le poids de la solitude, me poussaient dans mes retranchements, là, je sentais nettement une diminution notoire de ce potentiel énergétique. Je me concentrais avec difficulté, mes mains ne me donnaient plus les mêmes variations de température, et les picotements disparaissaient presque tout le temps. Plus je me posais des questions, plus je doutais, moins je faisais corps avec le fluide. A plusieurs reprises, j'ai bien cru en être privé à tout jamais !
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Ce qui permettait au Tout-Puissant, de passer la vitesse supérieure. J'étais sans aucun doute, en état d'affronter l'étape suivante. Plus que n'importe quelle autre, celle-ci restera gravée dans mon cœur. Au terme d'une autre émission à la radio, je faisais la connaissance d'un couple de retraités adorables.
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Leur association, forte d'une centaine de membres, allait me guider vers ma future épouse. Je passais le plus clair de mon temps à leurs côtés, dans le bureau du siège social. D'indiscrétion en désir avoué, je découvrais avec beaucoup de joie et d'émotion, la photo d'une certaine Françoise. Dès que mon regard s'est incrusté dans le sien, mon corps tout entier était transporté au firmament. C'était elle, et aucune autre, que mon cœur venait de choisir. L'adulte s'éclipsait délicatement, laissant à l'enfant qui sommeillait en moi le soin de rêver.
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Sans même le réaliser, je me retrouvais en face d'elle tremblant comme une feuille morte. Notre premier regard, confirmait d'entrée ce que j'avais ressenti en découvrant son visage sur la fiche d'adhérente. A cet instant précis, je rayais le mot doute de mon vocabulaire. Enivré de ce parfum exquis de volupté sentimentale, je me laissais griser par ses effluves ondulants. Percé de part en part, j'avais du mal à retrouver mon souffle. Je n'étais pas le seul, ce qui me donnait encore plus de mal à reprendre mes esprits. Les présentations devenaient presque inutiles.
Nous avions l'impression de nous connaître depuis toujours. Tout en elle, incarnait le renouveau. Sa beauté tout d'abord. Le galbe de son corps, ses ravissants cheveux bruns, accentuaient majestueusement sa démarche en tous points enivrante. Derrière ses grandes lunettes, presque disproportionnées par rapport à son visage, elle laissait fuser les sillons paralysants de clins d’œil pleins de douceur. Sa petite taille ensuite, qui était idéale par rapport à la mienne. Je me voyais déjà en train de me promener, mon bras posé sur son épaule, joue contre joue, flânant au gré de nos pulsions romanesques.
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Tous les soirs après cette première entrevue, elle m'appelait au téléphone. Je n’avais fait qu’une petite esquisse de ma personne, et je me devais de lui avouer toute la vérité. Nous faisions connaissance et prenions le temps de nous présenter mutuellement.
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Que faisait-elle ? Qui était-elle ? Je n'en avais rien à fiche au fond. Tout ce qui importait, c'était de la sentir prête à s'investir dans quelque chose de profond, sitôt que son cœur lui en donnerait le feu vert. Les bases étaient donc claires. Pas question d'imposer quoi que ce soit à l'autre en ce qui concernait la vie intime.
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Au terme de notre premier week-end, les choses étaient clairement établies et définies. Pourtant, rien ne s'était passé physiquement entre nous. Ce que je ne savais pas, et qui fait aujourd'hui l'objet de nombreux éclats de rire, c'était une anecdote assez croustillante. Françoise avait au moins autant envie que moi de s'abandonner sexuellement, au cours de son séjour dans mon petit nid. Il fallait respecter les règles du jeu que nous avions établies ! ...
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J'avais été très franc et loyal, en lui délivrant tous les secrets de mon passé. Elle était tellement naïve et fragile, qu'elle s'est affolée un tantinet. Toute ma violence n'était pas dissipée et naturellement, n'échappait pas à son sens aigu de l'analyse. Durant près d'une semaine, j'ai eu très peur de voir nos projets fondre comme neige au soleil. Je ne comprenais pas son hésitation et encore moins son désir de prendre un peu de recul. Il n'en fallait pas plus à ses détracteurs, pour se livrer à leur sport favori : la démolition systématique.
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Loin de perdre les pédales et m’enliser dans les sables mouvants de la mélancolie, je prenais sur moi de réagir. Loin d’entrer dans le jeu de mes adversaires, je m’enfermais dans ma coquille. Ce qui m'imposait un arrêt momentané et total, de toutes mes activités.
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FIN DU PREMIER CHAPITRE
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