TROIS P'TITS TOURS ET PUIS S'EN VONT

Par Richard Natter

17/06/2002

             Telles de gentilles marionnettes, nos vaillants joueurs de football ont quitté le Mondial 2002... la tête basse ! Que s’est-il donc passé pour en arriver à ce piètre résultat ? L’essentiel, certes, est de participer ; ainsi l’avait proposé le Baron Pierre De Coubertin. Ah bon… Parce que les joueurs de l’équipe de France ont participé ?… Je suis désolé, mais je ne l’avais pas remarqué. Trois matchs, trois buts encaissés, aucun marqué, trois défaites humiliantes et sans excuses. Trois p’tits tours et puis s’en vont, se cacher des regards de leurs admirateurs à leur retour en France !

        Le bilan de ce Mondial 2002 pour la France est donc franchement honteux. Certes, le sport de haut niveau implique avant tout, de savoir perdre. Là au moins les tricolores ont appris à ré-apprivoiser, par la force des choses, l’humilité qu’ils avaient quelque peu occultée de leurs esprits depuis 1998. Car, et là je ménage encore moins mes critiques, A CAUSE DES MEDIAS ET DES PUBLICITAIRES, depuis leur sacre Mondial en 1998, presque tous les joueurs sont devenus de véritables « hommes d’affaires » ! L’impression qu’ils ont donné d’eux, durant ces quatre années écoulées, à cause de ces matraquages abusifs de spots publicitaires, s’est confortée lors de leurs prestations.

        Des salaires monstrueux… des transferts écœurants… des revenus publicitaires effarants… des primes à vous laisser pantois… Rien que pour passer en huitième de finale, les joueurs n’auraient-ils par perçu 80'000 € chacun ? Les joueurs ont été impliqués malgré eux dans cette spirale du gain facile, pour le plus grand bonheur de ceux dont la seule ambition est de se remplir les poches. Peut-on les blâmer ? D’accord, c’est un peu indécent quand on compare ces gains excessifs, à la précarité de millions de citoyens. Que ferait-on à leur place ? Personnellement je ne sais pas, je suis honnête. Par contre, une chose est sûre, ils pourraient quand même se remuer un peu le popotin sur le terrain, ne serait-ce que pour honorer leurs contrats.

        Car à en juger la qualité de leurs engagements, dans les trois matchs, les joueurs de l’équipe de France n’ont vraiment pas offert l’image de vaillants combattants. Démotivés, maladroits, comment pouvaient-ils envisager de se qualifier pour les phases suivantes ? Je tiens compte bien entendu, des absences forcées de grands joueurs, blessés ou forfaits : entre autres Pires et Zidane... Pourtant, ceux qui étaient sur le terrain, étaient bien les mêmes qu’en 1998 ? Quand « Zizou » avait été sorti suite à un carton rouge en 98, l’équipe de France avait quand même la rage de vaincre, la solidarité et l’enthousiasme salvateur ? Alors pourquoi ne les a-t-elle pas manifestées en Corée ?

        Conserver une équipe qui gagne, c’est logique et de bon aloi. Mais dès la seconde mi-temps du match contre le Sénégal, il aurait fallu faire entrer des joueurs motivés et talentueux ! Makélélé… Cissé… Sylvestre… et tant d’autres encore, qui se sont contentés de voir perdre les « leaders » ! Là, c’est le sélectionneur que je montre du doigt. Si en plus de prendre la grosse tête avec leurs gains mirobolants, les titulaires se sentent intouchables en dépit de leur médiocrité, il y a de quoi en perdre son latin. Les matchs amicaux précédents l’ouverture du Mondial 2002, n’avaient-ils pas été suffisamment éloquents ? Les carences de stratégies, l’individualité, l’absence d’intérêt, étaient à mon avis, autant de signaux d’alerte !

        Loin d’y remédier, le coach de l’équipe de France est resté impassible. N’y aurait-il pas quelques magouilles dans l’air ? Le fric, à ce niveau de la compétition, peut parfois annihiler les plus grandes motivations sportives. Je n’accuse pas, ( j'imagine le pire ), mais je pose la question  suivante : est-il possible que les joueurs et les dirigeants aient été « achetés » pour perdre ? Si tel était le cas, je comprendrais mieux pourquoi les matchs ont été aussi nuls ! La malchance, insidieuse ennemie, n’a certes pas ménagé les joueurs les plus percutants, dont les tirs ont abouti sur les poteaux. Hélas, la déveine n’est pas l’unique responsable de cette débâcle. D’autant moins que toutes les équipes en ont été victimes !

        Sur un plan plus général, toujours sur la qualité du jeu offert, l’on peut noter que les plus grandes Nations de football n’ont pas ébloui par leurs matchs. La Russie, l'Argentine, le Portugal, ont connu le même sort dès le premier tour. Heureusement, les seuls à s’être investis à fond, à mettre leurs tripes sur le terrain au cours de ces éliminatoires, ont été les joueurs Africains et Asiatiques. Sans complexe, honorés d’être à ce niveau, les Sénégalais, les Camerounais, les Japonais et les Coréens, nous ont offert un spectacle étourdissant autant qu’éblouissant. Ils ne gagnent pas, reconnaissons-le, le centième de ce que touchent les joueurs Français ! La relation de cause à effet est donc indiscutable, même si les « stars » Françaises s’en défendent ! Ces joueurs Africains et Asiatiques, avaient-ils leurs épouses pour les bercer le soir ? Passaient-ils leur temps à répondre aux questions des journalistes ? Ont-ils été « plébiscités » pour des séances d’autographes ? Non, bien entendu ! Par contre, sur le terrain, personne ne pourra les blâmer d’avoir oublié de jouer ! ! !

        Au-delà des seuls résultats, si minables soient-ils, le malaise qui ronge les milieux sportifs en général a été mis en exergue d’une manière criante. Ras-le-bol de ces requins sans foi ni loi, qui spéculent sur les valeurs de nos athlètes. Je veux parler des marques publicitaires naturellement, et de leurs complices médiatiques. Tout est bon pour gagner du fric et métamorphoser un individu en machine à sous ! Les premiers multiplient leurs chiffres d’affaires par deux ou trois, quant aux seconds, ils abusent un peu trop de la crédulité des téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs. « Envoyez un message aux joueurs… gagnez un voyage… un ballon… un maillot… » Tout est bon pour ramasser du pognon sans rien foutre. Il suffit d’appeler tel ou tel numéro, qui coûte la peau des fesses et rapporte un maximum aux médias qui utilisent de tels subterfuges : 0.56 € la minute, multiplié par X millions d’appels, combien ça fait ?

        Le football, à l’instar des autres grandes disciplines sportives, est devenu un véritable business financier. A qui profite le crime ? Cette banale question pourrait peut-être bien ébranler ces trusts immondes, et contraindre les dirigeants sportifs autant que politiques, à plus de vigilance. Les grands clubs Européens connaissent de grosses difficultés de trésorerie, à cause précisément de cette ascension vers le vedettariat à outrance. Que ces sportifs de haut niveau bénéficient de revenus confortables, d’avantages substantiels (comme l’absence d’impôts), ce serait normal et justifié. De là à les voir se pavaner en Ferrari en affichant presque ironiquement leurs salaires mensuels, il faut arrêter cette hypocrisie. C’est à cause de ces effluves nauséabonds d’une célébrité souvent trompeuse, que les sportifs finissent par péter les plombs. Ce qui nous ramène aux conclusions précédentes décrites dans mes dossiers brûlants : LES RIPOUX DU SPORTet NETTOYER LE SPORT…       

        Car pour se maintenir au top niveau, en fournissant des efforts de plus en plus soutenus pour satisfaire les commanditaires véreux, les sportifs sont contraints d’abuser de substances illicites : le dopage devient inéluctable ! Le corps humain a ses limites, que les odieux agiotages ignorent ! L’appât du gain prime sur tout, évinçant les plus faibles, qui sont toujours les plus loyaux. Le foot, le cyclisme, autant que le judo ou autre discipline nécessitant de violents efforts, sont corrompus à cause de cette course effrénée vers les bénéfices. Que font les instances dirigeantes pour mettre un terme à ces aberrations ? C’est un peu comme pour la pédophilie… On fait semblant de s’attaquer aux problèmes, tout en se gardant bien de neutraliser les vrais responsables. Il faut bien que l’argent sale serve à quelque chose n’est-ce pas ?… ;-)))

        En attendant, comme des millions de fans de l’équipe de France, j’ai le cœur gros. Si au moins cette cuisante défaite sert à redresser la barre, ce sera un mal pour un bien. Je suis sûr que nos joueurs ont encore envie de prouver qu’ils sont les meilleurs. Place aux jeunes, ne soyons pas chauvins ni conservateurs des valeurs du passé. Nul ne peut être et avoir été. Le parterre de joueurs talentueux disponibles, pour assurer la relève des joueurs fatigués, est là pour conforter ce besoin de changement. Pourquoi ne pas interpeller le peuple ? Si la Fédération Française de football pose la question aux admirateurs de l’équipe de France, via Internet, elle aura des surprises ! Aujourd’hui, 14/06/2002, en écrivant ce dossier et pour étayer mes propos, je me suis rendu sur le serveur de TF1. J’ai répondu au sondage concernant l’avenir de l’entraîneur des Bleus :  63 % étaient favorables à son départ… Voici la preuve de ce résultat à la date du 14 Juin :

        Oui, comme tous les amoureux du sport de haut niveau, j’aimerais retrouver nos champions, tels qu’ils sont, délestés des apparences dont ils ont été affublés. Durant des mois avant le début du Mondial, tous médias confondus, nous avons été gavés de louanges concernant l’équipe de France ; ce qui a enclenché j’imagine, cette déferlante publicitaire. Du jour au lendemain, après les avoir sacralisés, ces mêmes médias les réduisent au rang de bons à rien ! En se gardant bien toutefois, de dire combien ils ont gagnés sur leur dos, entre les « coups de téléphone » et les spots publicitaires ! Quand est-ce que le peuple aura le droit de s’exprimer ? Quand est-ce que les hommes politiques auront à cœur de valoriser celles et ceux qui mettent tout leur amour pour honorer la France ?

        Ce n’est pas en accrochant une légion d’honneur à leur veston que les athlètes se sentiront valorisés ! Relisez, ou découvrez, ô vaillants politiciens, les chapitres de mon Essai PPA ! Depuis 1995 que j’ai écrit ce manuscrit, bien des plagieurs s’en sont servis ; sans pour autant qu’il ne me soit reconnue la paternité de quoi que ce soit ! Peu importe, pour moi le plus important est de voir que mes écrits ne sont pas exsangues de logique. En attendant, pour conclure, il serait temps de mettre un terme à cette mascarade financière qui, si rien n’est fait, va pourrir entièrement ce qui peut être encore sauvé, c’est à dire la dignité des êtres humains ! Non, je ne condamne pas les joueurs, qui sont avant tout les marionnettes du système ! Par contre, à l'encontre de ceux qui tirent les ficelles, je prie très fort pour que demain, ils soient réduits à la mendicité.

 

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