L'ORPHELIN
... Comment t'appelles-tu petit enfant chéri ?
De quel pays viens-tu et que font tes parents ?
Pour te laisser traîner dans les rues sans abri
Pieds nus et sans un sou comme un pauvre mendiant !
Ne lève pas les bras de peur d'être battu
Approche toi de moi essuie tes jolis yeux
Arrête de pleurer petit enfant perdu
Tu ne risques plus rien pauvre cSur malheureux.
Depuis combien de temps te caches-tu ici
A l'abri des regards de ceux qui te font peur
Riant de ta couleur t'écrasant de mépris
S'imaginant ainsi être encore les meilleurs !...
Je te protégerai contre vents et marée
Et te ramènerai dans ton lointain pays
Où tu retrouveras la douceur d'être aimé
Choyé par tes parents retrouvant tes amis.
En me serrant très fort il éclate en sanglot
Balbutiant faiblement d'une voix étouffée
Quelques mots dont l'horreur me glace jusqu'aux os
Je suis resté muet je n'osais plus bouger ...
"" Dis-moi pourquoi les gens me traitent de Negro ?
Et me crachent dessus en me jetant des pierres !
Les guerriers de chez toi sont pareils aux bourreaux
Qui dans tous les pays s'amusent à faire la guerre ;
Je n'ai plus de parents je n'ai plus de Patrie
Les bombes ont écrasé notre jolie maison
Les soldats ont tué mes frères et mes amis
Je suis un orphelin et je n'ai plus de nom ""...
Je l'ai pris dans mes bras ne pouvant plus parler ;
Je le serrais si fort que son cSur et le mien
Battant à l'unisson dans nos corps effondrés
Résonnaient dans la rue fuyant vers le lointain...
J'aurais voulu crier pour demander de l'aide
Mais ma gorge brûlante embrasée de douleur
Oublia cette envie à laquelle succèdent
Les larmes du chagrin vestige de l'honneur ...
Jamais je n'ai senti peser autant sur moi
Le poids de ce fardeau nommé indifférence
Imposant peu à peu le blason de sa loi
Flottant sur l'univers des tristes apparences ...
Bercé par le cahot de mon cSur déchiré
Le petit orphelin au regard doux et pur
Profitant du présent oubliant le passé
S'endormit tendrement rêvant à son futur..
... Chassés de leurs pays où l'on y fait la guerre
Ces pauvres Orphelins que l'on nomme étrangers
Voudraient bien retrouver en nous de nobles frères
Offrant tout leur amour et non des coups d'épée ...
1986
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