L'AMOUR EST LE PLUS FORT

 Elle n'avait que trente ans sortant de son écrin

Quittant son nid douillet pour découvrir la ville

Fascinée de chimères oubliant son chagrin

Négligeant qu'elle était innocente et fragile ...

 Insatiable acharnée enivrée de désirs

Elle fait jour après jour les plus folles dépenses

Sans penser à demain grisée par le plaisir

Méprisant le danger dans ses extravagances ...

 Gaspillant sans compter voulant vivre à tout prix

Courant après l'amour pour ne plus être seule

De conquêtes en échecs et rêves inassouvis

Dans cet enfer brûlant elle gisait en éteule ...

 Ses parents malheureux pendant un certain temps

Ont répondu présent pour colmater les brèches

Mais un jour épuisés manquant aussi d'argent

Jardiniers fatigués ils posèrent la bêche ...

 La pauvrette affolée en se voyant perdue

S'est alors enlisée dans les sables mouvants

Saturée de crédit elle gisait presque nue

Au milieu de sa peine entourée de néant ...

 Qu'étaient donc devenus les amants capricieux

Qui avaient jusqu'ici autant profité d'elle ?

Mais où s'étaient enfuis ces amis malicieux

Qui convoitaient hier la belle demoiselle ?...

 Blasée de rencontrer les snobs et les goujats

Elle s'éprend d'un poète et son cSur s'illumine !

L'amour est enivrant au cSur de cette aura

Où elle peut s'exprimer bouillonnante et câline ...

 Il était malheureux il avait trop souffert

Elle voulu le combler pour égayer sa vie

L'entourant de présents transformant son enfer

En paradis d'amour aux tendres élégies ...

 Elle offre sans compter dépense à tour de bras

Pour son mari chéri qu'elle aime et qui l'adore

Ne vivant que pour lui oubliant les tracas

Jusqu'au jour ou vaincue elle s'écroule à l'aurore ...

 Au fond de son cachot elle paie le prix fort

Tremblant pour son amour dont elle est sans nouvelle

Pauvre cSur innocent qui reconnaît ses tords

Mais subit sans pitié la justice cruelle ...

 ... L'Amour est le plus fort bien plus doux que jamais

Le poète et sa belle ébranlés mais solides

A genoux devant Dieu si bon et si parfait

Jurent bien que demain ils resteront lucides ...

 1987